« Le livre de la sagesse » – Alan Watts

Mon ami Alain Bayod a posté voici quelque temps un article sur ipapy pour dire tout le bien qu’il pense du « Livre de la sagesse » d’Alan Watts.

Le court extrait qu’il nous propose, le premier paragraphe de la préface, est particulièrement bien choisi. Mais le propos d’Alan Watts est peut-être un tantinet restrictif lorsqu’il écrit :

Alan_Watts
Alan Watts – 6 janvier 1915/16 novembre 1973

 

« Cette hallucination [la conception que nous avons de nous-mêmes, celle d’un moi séparé enfermé dans un sac de peau¹] détermine le mauvais usage que nous faisons de la technologie, employée à subjuguer par la violence l’environnement naturel de l’homme et menant, par conséquent, à sa destruction future. »

 

 

Ce n’est pas seulement la technologie dont l’usage est ainsi totalement vicié. C’est l’ensemble des sciences, aussi bien « dures » qu’humaines, économie, droit et politique compris, ainsi qu’une très grande partie des arts et des religions. Cette quasi totalité du monde conçue par et pour des « moi séparés enfermés dans un sac de peau » continue effectivement sa course folle vers l’effondrement². La technologie n’est que l’outil, très efficacement destructeur, d’une vision du monde globalement erronée.

La phrase qui suit ce premier paragraphe mérite également d’être soulignée :

« Il nous faut donc de toute urgence définir une conception de notre propre existence qui soit en accord avec la réalité physique et qui triomphe du sentiment que nous avons d’être aliénés par rapport à l’univers. »

En accord avec Douglas Harding, je pense qu’il sera bien difficile de parvenir à quoi que ce soit d’efficace en nous efforçant de « définir des concepts » qui permettraient de modifier des « sentiments ».

Les « concepts » demeurent en effet au même niveau que toutes ces conventions sociales hallucinatoires portées par le langage, et les « sentiments » – en tous cas les miens – fluctuent énormément … Seul Voir clairement, simplement, concrètement cette « hallucination » permet de s’en libérer totalement de manière subite, immédiate, même s’il faudra ensuite quelque temps pour intégrer la nouvelle vision de l’homme & univers³.

Les expériences d’attention de la Vision du Soi permettent d’y parvenir – de s’établir sur le « terrain solide du Voir » évoqué par Svami Prajnanpad – avec une efficacité infiniment supérieure à bien des bons livres … Mais n’en croyez surtout pas un traître mot, venez vérifier dans un atelier.

Qu’attendez-vous pour cesser d’investir votre énergie, votre temps, vos ressources matérielles et intellectuelles dans ce « projet » insensé visant à « devenir une authentique contrefaçon », qu’attendez-vous pour être « Cela », pour réaliser que « le monde est votre corps » (titres de trois des six chapitres de ce merveilleux petit livre) ?

 

NB : ce site, La philosophie d’Alan Watts, propose notamment quelques réflexions sur « Le livre de la sagesse ».

 

Cordialement

 

¹ – J’aime beaucoup la présentation proposée par Alain Bayod de l’ego comme un blockhaus à deux compartiments : celui des vivres et celui des munitions ! Peut-être pas des plus traditionnelles, mais très utile !

² – Sur le sujet voir aussi : Le jour du dépassement, L’âge de la pénombre, La Grande Implosion, A fond de train, …

³ – Le « Youniverse » cher à Douglas, qui en avait même conçu un modèle en trois dimensions particulièrement réussi et non moins particulièrement sous diffusé … En voici quelques images commentées par l’inventeur lui-même :

Mais je suis intimement persuadé que Cela – moins l’objet que la démarche d’ensemble, la Vision – finira par s’imposer, parce que c’est évident, parce que c’est conforme à une représentation véritablement scientifique, parce que c’est conforme à une représentation véritablement spirituelle, … parce que nous n’avons pas d’autre choix raisonnable. Encore un peu de patience …

Vous pouvez vous procurer cet objet ici auprès de Richard Lang, un cadeau de Noël des plus originaux !

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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