Le labyrinthe du silence

« La seule réponse à Auschwitz, c’est d’agir de façon juste¹. »

De ce film absolument nécessaire qu’est « Le labyrinthe du silence² », c’est cette réplique implacable de Johann Radmann que je retiendrai.

 

Synopsis

Allemagne 1958, Johann Radmann est un jeune procureur plein d’avenir. L’époque est à la réconciliation et peu veulent voir les meurtres commis sous le Troisième Reich. A Nuremberg, seuls 150 nazis ont été condamnés et ce par la justice des Alliés. Alors que certains le poussent à oublier le passé ou carrément le nient, Johann mène sa propre enquête, à ses risques et périls. Il finit par découvrir des pièces essentielles concernant d’anciens officiers SS ayant commis des crimes au camp d’Auschwitz …

La critique de Télérama lors de la sortie en salle du 29/04/2015

« 1958. Alors que l’Allemagne veut oublier son passé et que des centaines de fonctionnaires nazis ont été réintégrés dans l’administration, un jeune procureur décide de faire juger, pour la première fois sur le sol allemand, d’anciens SS ayant servi à Auschwitz. Des années à lire des kilos de paperasse et à entendre des centaines de témoignages. Enfin, il assiste, en ce jour de décembre 1963, à l’ouverture du procès de Francfort, où vont comparaître pendant vingt mois, devant un jury populaire, vingt-deux « exécutants » du plus grand des camps de la mort³ …

C’est un film-dossier dans la grande tradition du genre, à la manière des Hommes du Président d’Alan J. Pakula. Respectueuse des faits historiques, cette fiction mêle des personnages qui ont existé (le procureur Fritz Bauer et le journaliste Thomas Gnielka), et un héros presque seul contre tous — incarné par Alexander Fehling, comme dévoré de l’intérieur —, intelligemment « fabriqué » à partir de trois procureurs qui menèrent l’enquête à l’époque. La mise en scène, tendue, s’accroche aux pas de ce justicier de plus en plus obsessionnel. Chaque décor pèse sur les personnages comme une chape de plomb et chaque espace devient une menace. Quant aux scènes d’audition des rescapés du camp — où l’on a du mal à retenir ses larmes —, elles sont remarquables de sobriété. « Est-ce vraiment utile que tous les jeunes Allemands se demandent si leur père est un meurtrier ? » : cette ­réplique angoissante plane sur ce film passionnant et complexe. »

Guillemette Odicino

Cordialement

¹ – Une « action juste » procède naturellement d’une « vision juste ». C’est là que la Vision du Soi selon Douglas Harding peut, sans le moindre doute, contribuer efficacement à une véritable évolution de notre mode d’être au monde, globalement très  inadapté et actuellement plus que jamais. Si vous trouvez que j’exagère, c’est que vous êtes insuffisamment informé … !

Je sais, dit ainsi, dans ce contexte quasiment impensable de l’extermination de masse, cela peut sembler relever d’une prétention insensée, voire d’une sinistre bêtise … Que puis-je ajouter d’autre que : faites l’expérience de la Vision lors d’un atelier, valorisez cette expérience, intégrez peu à peu cet autre mode, et voyez … ?

² – Ce titre reprend presque le titre allemand : « Im Labyrinth des Schweigens« . Mais le titre international : « Labyrinth of Lies » me semble plus pertinent.

C’est de mensonges délibérés dont il est question, et peut-être même du Mensonge central, massif, incontournable … qui se posait, bien sûr plus directement à la Bundesrepublik Deutschland de cette époque, mais aussi et beaucoup plus largement à toutes les sociétés et à tous les individus, et qui se pose toujours à nous tous :

Comment « cela » a-t-il été possible ?

Comment « cela » est-il toujours possible ?

De grands esprits se sont confrontés à cette question. Je pense notamment à George Steiner et à son essai déjà ancien (1971) « Dans le château de Barbe-Bleue – Notes pour une redéfinition de la culture » (Folio Essais n° 42).

« Et néanmoins ces terres d’ombre sont au centre de tout. Les contourner, c’est renoncer à parler sérieusement des virtualités humaines. »

(début du chapitre 2 : « Une saison en enfer »)

Et plus récemment à Michel Terestchenko : « Un si fragile vernis d’humanité : banalité du mal, banalité du bien » (La Découverte, 2005)

J’apprécie leurs réflexions, mais j’avoue qu’elles me laissent souvent sur une faim de … pratique, simple, partageable, pour que « cela » devienne peu à peu impossible … Heureusement les « outils » affûtés de Douglas Harding sont là pour rassasier cette faim.

³ – De ce « camp de la mort » ont heureusement été préservées des paroles de vie. Notamment celles de Etty Hillesum, de Viktor Frankl, d’ Edith Stein, d’Anne Franck, de Primo Levi, de Jean Améry, de Maximilien Kolbe, d’Anne-Lise Stern, d’Élie Wiesel, etc …

En ces temps sombres de n-ième réforme (nécessaire sans doute, bâclée assurément) du collège, des programmes d’histoire, … comme je souhaiterais que les enfants connaissent le mieux possible et cette triste histoire que les « grands » préfèrent oublier, et les moyens de ne pas la répéter que tous ces témoins nous ont laissés. Mais ce souhait va sans doute demeurer à l’état de vœu pieux encore quelque temps … La plupart des hommes continue de préférer l’obscurité, continue de préférer errer dans le « Labyrinth of Lies » .

by-nc-sa

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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