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Le Compagnon blanc, ou troisième lettre pascale aux amis confinés

Je vous propose ci-dessous la troisième lettre de la série partagée au cours de l’année 2020 par le moine (d)étonnant qu’est François Cassingena-Trévedy. J’ai découvert son existence par hasard & nécessité dans « Le goût du vrai », Tract Gallimard d’Étienne Klein, et évoqué un de ses textes dans le billet « Épopée désinvolte ».

&

Le Compagnon blanc, ou troisième lettre pascale aux amis confinés

« C’est étrange. Pourquoi éprouvé-je désormais le besoin d’une certaine régularité dans cette mise à disposition publique de mes réflexions les plus intimes ? Hésiterai-je à confesser le bienfait, le réconfort que je ressens de ce réseau, bien moins artificiel qu’il ne paraît, d’amitiés proches ou lointaines ? Depuis longtemps artisan d’ “étincelles” (0), je désire plus que jamais pour celles-ci une destination “sociale”, je sens plus que jamais – paradoxe du confinement – leur vocation sociale. J’ai le sentiment que ma vie sociale n’a jamais été aussi intense qu’en ces jours, et ma raison d’être sociale ne m’est jamais si clairement apparue. Sans doute sommes-nous nombreux à partager cette découverte : l’extrémité où nous sommes ne trouve d’issue que dans l’épanouissement et l’affinement de cette capacité de relation qui est notre trésor le plus foncier. S’il est quelque consolation à chercher pour nous-même et, plus encore, à prodiguer autour de nous, c’est bien là, et là seulement qu’elle se trouve. Le drame que nous traversons est – devrait être – un accélérateur d’humanité. Être plus humains, être plus (selon l’expression du Père Teilhard de Chardin) apparaît désormais comme notre indispensable ressource. ¹

Chaque jour qui passe apporte son bilan de morts, son information de mort, sa routine de mort. Au plus haut de la vague, nous étions bien près de perdre cœur. Cette tentation peut nous guetter encore parfois. Et malgré tout, comme l’irrésistible printemps qui déploie autour de nous ses formes neuves, à cause de lui, peut-être, la vie, impossible à décourager tout à fait, se remet à fuser en nous. L’envie de vivre. Œuvrer à la vie nous apparaît d’ores et déjà comme un métier enthousiasmant qui transfigurera toutes nos tâches ordinaires, qui les modifiera certainement, qui les remplacera peut-être². Sevrés de poignées de main et d’embrassades que nous sommes, nous avons envie de nous envoyer, de balcon à balcon, de fenêtre à fenêtre, de colline à colline, d’une rive du fleuve à l’autre, des paroles de vie. Nous avons envie d’une vie neuve, différente de celle d’avant, dont l’épreuve nous a insensiblement dégoûtés. Usons d’une image empruntée à la circulation routière : il serait lamentable que, l’embouteillage une fois dépassé, les véhicules reprennent une course aussi folle qu’auparavant³. Du reste, la difficulté inhérente au déconfinement et la prudence qui sera longtemps de mise interdiront, au moins pour les sages, tout retour boulimique et brutal à la vie : notre vie doit recevoir désormais un sceau de gravité qui ne la rendra que plus précieuse. Il ne s’agit plus de dévorer le monde à belles dents, mais de nous laisser émouvoir par le phénomène de la Vie, par la gratuité de ce que j’ai appelé, dans ma lettre précédente, “l’événemenu”. Méfions-nous donc de tout ce qui, même sous prétexte de religion, voudrait escamoter, annuler le tragique de notre condition humaine, voudrait donner à croire que ce tragique n’existe pas, n’existe plus. Au cœur de ce tragique qui demeure – et qui demeurera toujours (et qui n’est pas triste !) – quelque chose d’indestructible nous appartient en propre et s’avère être le sceau de notre humanité la plus authentique : notre perception de la Beauté. Celle qui vient toute seule au monde et celle que nous mettons nous-mêmes au monde, en reconnaissance, en réponse à celle qui est déjà là.(4)

La manière dont les autorités publiques gèrent la crise sanitaire nous inquiète, nous agace et nous impatiente. L’on sent beaucoup d’hésitation, d’incohérence, de naïveté, de cachotteries. Dans certains accès de mauvaise humeur, l’on aurait presque envie de renvoyer à l’école ceux qui, au mépris de l’ordre élémentaire des choses, entendent rouvrir les écoles avant de distribuer des masques. Et puis, à d’autres moments, la patience, l’indulgence, la bonne volonté civique reprennent en nous le dessus : face à l’inédit (un inédit pourtant prévisible et effectivement prédit …), le tâtonnement semble universel. Mais l’Histoire n’est-elle pas faite, pour une bonne part, de nos impréparations, de nos tergiversations, de notre incapacité à nous mettre à jour ? Les étourdis ne sont-ils pas incomparablement plus nombreux que les visionnaires ? Ce qui est certain, en tout cas, c’est que les diverses prises en main de la situation présente révèlent, parfois jusqu’à la caricature, les traits saillants, le tempérament invétéré, la “personnalité” de chaque nation. La France, qui daube traditionnellement sur la fantaisie et le désordre italiens, n’est guère mieux lotie que sa voisine au regard des décès … En cette circonstance apparaît, une fois de plus dans l’histoire européenne, l’étroite ressemblance des deux sœurs latines. Je risquerai une autre observation que me suggère un regard panoramique sur l’histoire récente. Une observation géographique, ou plus exactement géopolitique. Il est remarquable, en effet, que le nuage de Tchernobyl (1986, un peu titillé ces derniers jours …) et la pandémie du Covid 19 émanent l’un et l’autre, à trente-cinq ans de distance, de deux régions du monde soumises à des régimes autoritaires, pour ne pas dire totalitaires … L’un et l’autre ne seraient-ils pas des sous-produits toxiques d’une des idéologies les plus mensongères et les plus meurtrières que le siècle dernier ait promues, et dont on n’a pas fini de découvrir les mensonges ? Il y a là, me semble-t-il, amplement de quoi méditer. (5)

Passons à l’Église. Nos liturgies sans fidèles, depuis des semaines, nous font sentir de manière cuisante, si je puis dire (même chez les moines !), à quel point la présence physique du Peuple de Dieu est indispensable à la liturgie. Un Peuple de Dieu en chair et en os. Du reste, celui-ci n’est pas seulement un partenaire de la liturgie : il en est, comme l’indique le mot « liturgie », le sujet actif par excellence. Un Peuple de Dieu dont les ministres ordonnés ne sont pas simplement le vis-à-vis, mais dont ils font eux-mêmes partie. La liturgie virtuelle n’est pas tenable, du moins n’est-elle pas tenable longtemps, tout simplement parce que la liturgie est un acte de chair dont la Chair de Dieu est le grand centre d’intérêt. Demandez à ceux qui s’aiment si leurs corps sont accessoires ou facultatifs : les corps, le corps n’est pas davantage accessoire ni facultatif dans la vie liturgique, dans la vie chrétienne, “sacrément” concrète. Une fois venu le déconfinement, comme il fera bon, sinon encore nous embrasser, sans doute, du moins revoir mutuellement nos visages ! Et il faudrait que ces retrouvailles des ministres ordonnés avec le Peuple de Dieu ne soient point la simple réédition des jours d’avant. Comme les ministres ordonnés sont appelés à solliciter avec plus d’intelligence et de délicatesse encore la pleine responsabilité baptismale des laïcs, ceux-ci sont appelés à réviser et à approfondir le besoin véritable qu’ils ont des ministres ordonnés. Des ministres ordonnés qui, moins nombreux que jadis, ne soient pas simplement des distributeurs de sacrements, mais des éveilleurs de sens, et de sens hors du commun. (6)

La circulation ordinaire – irréfléchie – reprendra-t-elle après l’embouteillage passager, dans nos institutions, dans notre train de vie général, dans le train de vie ecclésial lui-même ? Au fond, peu ont pris la mesure réelle de la catastrophe que nous traversons, peu l’ont vu venir, peu veulent descendre jusqu’aux assises métaphysiques dont elle interroge la pertinence et la solidité. D’extraordinaires conversations se nouent néanmoins ces temps-ci, timidement d’abord, puis avec assurance, avec ferveur, entre ceux qui se découvrent les uns les autres au même point de dépouillement intérieur, au même degré d’intelligence, au même degré de perception du “vertigineux” qui nous arrive. Avouerai-je que je fais de plus en plus le rêve d’une espèce de fraternité inédite, d’amicale insolite entre tous ces hommes et toutes ces femmes aux aguets, de par le monde, sans désespérance, mais aussi sans anesthésie facile et doucereuse, sans paradis artificiels. Au-delà de toutes les frontières sociales, culturelles, confessionnelles, la compagnie de ces êtres décillés et lucides est peut-être le grand Ordre qui appelle une fondation (sans lourdeurs) et qui importe à la construction de notre avenir. En ces jours que nous traversons, il est passionnant d’y penser. Là se trouve l’aliment de notre irrépressible envie de vivre. Le temps des assistances de toutes sortes (même religieuses, au sens étroit et compassé du terme) est révolu : il faut entrer nu dans le temps des responsabilités. Jetés hors de nos palais d’illusion, nous sommes désormais des gens de perpétuel bivouac, des francs-tireurs sous les étoiles. Il n’y a plus rien pour nous mettre à genoux que le Mystère des choses dont les sommités mondaines n’ont même pas l’idée. Oh ! si nous pouvions alléger un peu Jésus-Christ de tout l’appareil massif dont nous l’avons encombré depuis si longtemps, pour qu’il puisse marcher, pour que nous puissions marcher avec lui … (7)

“Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux faisaient route vers un village du nom d’Emmaüs, distant de Jérusalem de soixante stades, et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s’approcha, et il faisait route avec eux, mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître …” (Lc 24, 13-15). (8)

Notre vie humaine, notre cheminement individuel ne représente qu’un infime segment sur la trajectoire de la Vie qui nous précède et nous dépasse, car nous ne savons pas, nous ne voyons pas d’où cette trajectoire a commencé ni jusqu’où elle se poursuit.

« Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. » (Jn 3, 8). (9)

Nous ne savons pas, nous ne voyons pas l’origine ni le terme de la route, mais quelqu’un vient se joindre à nous sur la route, en cours de route, et c’est assez. Le Compagnon blanc. Non pas un fantôme, mais un ami. Un ami qui vient se tenir là, au milieu, au beau milieu (le milieu est beau, parce que c’est la place du Ressuscité).

« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, Je suis là, au milieu d’eux. » (Mt 18, 20). (10)

Pas de conversation véritable entre nous, entre toi et moi, que l’Ami ne s’en mêle, de sorte qu’en réalité l’on est toujours trois. C’est la plus simple et la plus humble des trinités. Loin d’être jalouse ou exclusive, cette présence de l’Ami est concomitante (au sens propre : elle “accompagne”). Elle est en définitive concomitante à la présence de tout ami humain qui, un jour, au bon moment, au bon endroit, vient se joindre à notre route.

« Ils le pressèrent en disant : « Reste avec nous, car le soir tombe et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux… » (Lc 24, 29).

Tout s’achève à l’auberge, ou plutôt tout commence. Lieu trivial et génial, lieu sublime que l’auberge, que le “café” ! Comme il est urgent que les cafés ouvrent à nouveau, en face des églises, à côté des églises, frères des églises ! « Terribilis est locus iste : hic domus Dei est. » (Gn 28, introït de la Dédicace). Tant de conversations essentielles et décisives s’engagent dans les cafés … Le Ressuscité est aussi un Pèlerin. Le Vivant est aussi un Voyageur. “Homo Viator”. C’est comme cela, et comme cela seulement qu’Il nous reste. Et voici que Je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde (Mt 28, 20). (11)

Avec un grain de malice, j’observe qu’il y a davantage de “like” lorsque j’ajoute des images … surtout des images de fleurs. Celle du compagnon blanc et d’autres merveilles de “l’événemenu” viendront plus tard ! Chers amis, l’estime que j’ai pour vous m’empêche de penser que vous êtes des enfants qui ne se satisfont que d’images … Les illustrations ne prennent de sens que par ce qu’elles illustrent, et qui s’adresse à ce qu’il y a de plus intime, à ce qu’il y a de plus élevé en vous. » (12)

François Cassingena-Trévedy

Cordialement

 

0 – François Cassingena-Trévedy a effectivement déjà écrit plusieurs tomes d’ »étincelles », tous aux éditions Ad Solem :

« … Une livrée plus généreuse que la première, parce qu’à tous égards le temps presse. Parce que les temps qui sont les nôtres le réclament. Les temps à venir seront certainement des temps d’extrême violence, où il n’y aura plus d’autre langage entre les hommes ni d’autre événement que la violence et où, par conséquent, il faudra nous dresser de toute notre hauteur d’homme … »

Je partage cette perception de l’urgence et du risque de « la montée aux extrêmes ». La Vision du Soi selon Douglas Harding pourrait constituer une aide décisive pour « nous dresser de toute notre hauteur d’homme ». Essayez, vérifiez !

« … Il ne s’agit point de faire nombre, mais de faire signe. … »

« Les Étincelles sont pour ceux qui en ont assez. Assez de la masse qui singe le véritable universel, le difficile universel, parfois trahi lui-même par ceux-là qui devraient en porter le souci, d’autant qu’ils en portent le nom…. »

Et à dire vrai je place beaucoup plus d’espoir en les livres de cet auteur qu’en cet asocial réseau « fessebouc », pervers dès l’origine.

¹ – Oui, mais de quelle « capacité de relation » est-il ici question ? Celle-ci peut avoir lieu de manière « radiale », de 3° personne à 3° personne dans la seule zone « je suis humain » du dessin ci-dessous. Ou bien de manière radicalement différente, « sagittale », en passant systématiquement par le « Je Suis » central. Il me semble que c’est uniquement cette relation là qui peut être estimée comme « notre trésor le plus foncier ».

« L’issue », la sortie du tunnel est entièrement disponible, dès aujourd’hui, à rigoureusement 180° du lieu où elle est habituellement cherchée … La pandémie semble surtout provoquer, disons avec un peu d’espoir : pour l’instant et en apparence, un regain d’activité dans la seule zone « je suis humain » du dessin ci-dessus … où il n’y en a déjà que trop !

Si « être plus, c’est s’unir davantage », ainsi que Teilhard de Chardin l’écrit dans « Le Phénomène humain », c’est possible instantanément en coïncidant consciemment avec l’ensemble du dessin ci-dessus, notre « autoportrait ». Ce « Centre premier et suprême, un oméga, en qui se relient toutes les fibres, les fils, les génératrices de l’Univers », (qu’il évoque dès 1924 dans « Mon Univers ») c’est, me semble-t-il, le « Je Suis » central que nous sommes, tous. Ces propositions considérables nécessitent bien sûr d’être soigneusement vérifiées. La Vision du Soi sert à cela : à offrir un accès simple, concret, joyeux à « notre indispensable ressource ».

² – Un deuxième « irrésistible printemps » de pandémie est déjà quasiment là, beaucoup trop précoce. Je vous propose donc de relire « S’émerveiller de l’arrivée du printemps : le conseil d’Orwell en temps d’épreuve ». Et surtout de saisir chaque occasion d’apprécier l’asymétrie, en chaque son, chaque fleur, chaque goutte d’eau, en … tout !

« Œuvrer à la vie », oui. Mais peut-être surtout à une Vie majuscule, une grande Vie, une Vie qui intègre & dépasse la mort. Confondre  la « vie » qui se déroule dans la seule zone « je suis humain » du dessin ci-dessus et la Vie qui consiste à assumer sa totalité – le « Je Suis » central explosant aux dimensions de l’univers aussitôt que l’on prend conscience qu’il s’agit de notre véritable nature – est une erreur anthropologique fatale. Quel intérêt peuvent donc bien avoir la plupart des institutions religieuses à persévérer dans cette erreur ?

³ – Espérons que « l’épreuve nous dégoûte de la vie d’avant », tout en restant raisonnable quant à cette possibilité : généralement l’homme a la mémoire assez courte …

Dans « Du bon usage des crises », Christiane Singer a elle aussi consacré quelques lignes à « l’embouteillage » routier :

« J’ai gagné la certitude que les catastrophes sont là pour nous éviter le pire. … La crise, qui sert en quelque sorte de bélier pour enfoncer les portes de ces forteresses où nous nous tenons murés, avec tout l’arsenal de notre personnalité, tout ce que nous croyons être.
Récemment sur une autoroute périphérique de Berlin où il y a toujours de terribles embouteillages, un tagueur de génie avait inscrit sur un pont la formule suivante :

“Détrompe-toi, tu n’es pas dans un embouteillage, l’embouteillage c’est toi !”

Nous sommes tous spécialisés dans l’esquive, dans le détournement, dans le “divertissement” tel que le voyait Pascal. Il n’y a au fond que cette possibilité, subitement, de se dire : “Oui mais tout cela, tout ce qui m’enserre, tout ce qui m’étrangle, mais c’est moi !”.

Cette Covid-19 « qui m’enserre … qui m’étrangle, mais c’est moi ! ».

4 – Ce « sceau de gravité »  peut nous renvoyer moins à ce qui est « sérieux, important … grave » qu’à ce qui pèse lourd, qui fait le poids, qui nous leste, nous rend « gravide » … Autant de qualités de ce « Je Suis » central, accessibles sans le moindre « guru » (même étymologie) grâce à la Vision du Soi. Vérifiez … !

Ce qui est véritablement « tragique », c’est d’escamoter notre « véritable grandeur », de « se contenter de trop peu ».

La carte ci-dessus et les expériences de Vision du Soi qui permettent d’endosser le « Je Suis » central lors d’un atelier présentent indéniablement une « beauté » certaine, en lien étroit avec leur simplicité & efficacité. Mais cet « indestructible [qui] nous appartient en propre et s’avère être le sceau de notre humanité la plus authentique » se situe en-deçà du beau et du laid, comme de toutes paires d’opposés.

5 – Cet « inédit pourtant prévisible et effectivement prédit », il est notamment possible de le relier  au fameux rapport Meadows : « The limits to growth » qui date de … 1972, presque cinquante ans ! Cinquante ans de déni, d’ignorance, d’inconscience, d’inconséquence criminelle de la part des « décideurs » … Et en dépit de la pandémie de Covid-19, ça continue !

Cf. aussi une relecture de ce rapport par Jean-Marc Jancovici, qui a également écrit la préface de sa mise à jour quarante ans après.

Le catholicisme demeure toujours peu ou prou en délicatesse avec le marxisme, cette « idée judéo-chrétienne qui a mal tourné ». Mais si Tchernobyl était au départ une affaire exclusivement soviétique, il est possible de remarquer que la dictature chinoise prospère sur bon nombre de démissions des pays occidentaux, qui lui déroulent le tapis … rouge pour délocaliser des productions polluantes et gagner des parts du sacro-saint marché … La Chine est une dictature sanglante, qui a assassiné son prix Nobel de littérature, qui lamine les Ouïghours, renie ses valeurs traditionnelles ainsi que ses engagements à Hong-Kong et ailleurs, etc … C’est une menace pour l’équilibre du monde.

6 – Et oui, « Zoom » n’est qu’un pis-aller lorsqu’il est question de choses vraiment sérieuses, un outil temporaire de dépannage : « La liturgie virtuelle n’est pas tenable … longtemps ».

« Une fois venu le déconfinement, comme il fera bon … » de nous retrouver face (là-bas en périphérie, dans la zone « je suis humain » du dessin ci-dessus) à espace (ici au Centre, en « Je Suis ») ! Dans une véritable rencontre Corps & Âme – Esprit. Sinon ? Tout recommencera comme avant … mais plus pour très longtemps.

Ce « sens hors du commun » est pourtant si évident, si aisé à partager à l’aide de quelques expériences de Vision du Soi … Seuls des « ouvriers » manquent encore à l’appel pour cette abondante moisson. S’y maintenir demandera néanmoins une « discipline assidue », comme vous vous en seriez douté.

Alors il dit à ses disciples :
« Beaucoup de moisson et peu d’ouvriers ! Implorez donc le seigneur de la moisson qu’il fasse sortir des ouvriers pour sa moisson ! »

[τοτε λεγει τοις μαθηταις αυτου ο μεν θερισμος πολυς οι δε εργαται ολιγοι
δεηθητε ουν του κυριου του θερισμου οπως εκβαλη εργατας εις τον θερισμον αυτου]

Matthieu 9, 37-38

7 – « … peu ont pris la mesure réelle de la catastrophe que nous traversons, peu l’ont vu venir, peu veulent descendre jusqu’aux assises métaphysiques dont elle interroge la pertinence et la solidité. » C’est ainsi …

« Les hommes trébuchent parfois sur la vérité, mais la plupart d’entre eux se relèvent et s’éloignent d’un pas vif, comme si de rien n’était. »

Mais ce déni de réalité s’avère de plus en plus difficile à soutenir : la Nature se rappelle à notre bon souvenir et nous rend désormais coup pour coup. Il serait grand temps d’opérer un « repli stratégique » avant qu’il ne soit trop tard.

Cette « fraternité » évoquée par François Cassingena-Trévedy n’est pas sans m’évoquer la « communauté » d’un nouveau genre initiée par Douglas … et qui, pour l’instant, a tant de mal à se concrétiser .

Ce « il faut entrer nu dans le temps des responsabilités » établit une correspondance avec un « bonheur-du-jour » d’un autre moine, Jacques Brosse : « Lorsque enfin, êtres et choses apparaissent nus devant notre regard nu … ». Ce que nous proposent là tant le bénédictin que le moine zen semble complexe, ardu, inquiétant … Pourtant il ne s’agit que de retrouver notre identité d’espace d’accueil illimité & inconditionnel, notre nature de « contenant ultime » : rien de plus, et rien de plus évident. Essayez, vérifiez !

8 – Il me semble préférable de traduire ce passage de Luc 24, 13-16 au présent, comme le fait André Chouraqui :

« Et voici, deux d’entre eux vont ce même jour à un village du nom d’‘Amaous à soixante stades de Ieroushalaîm. Ils s’entretiennent entre eux de tout ce qui est arrivé. Et c’est, tandis qu’ils s’entretiennent et discutent, Iéshoua‘ en personne s’approche et va avec eux. Mais leurs yeux sont empêchés et ne le reconnaissent pas. »

Et au moins pour partie Sœur Jeanne d’Arc :

« Or tandis qu’ils s’entretenaient et discutaient, Jésus lui-même s’approche et fait route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. »

L’usage de ce temps permet de faciliter la possibilité de « marcher & faire route avec » Jésus, ce qui est radicalement différent de le suivre. Cf. à ce propos « Un Messie à ne pas suivre », le chapitre neuf de « La Divine Origine – Dieu n’a pas créé l’homme » de Marie Balmary.

9 – Ici encore il n’est pas inutile de se référer à la traduction d’André Chouraqui :

« Il souffle où il veut, le souffle, et tu entends sa voix. Mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va ; ainsi de tout natif du souffle. »

[το πνευμα οπου θελει πνει και την φωνην αυτου ακουεις αλλ ουκ οιδας ποθεν ερχεται και που υπαγει ουτως εστιν πας ο γεγεννημενος εκ του πνευματος]

Le « Souffle & Esprit » souffle où il veut … ainsi en est-il de tout homme né du « Souffle & Esprit » … Comme ça relève du mystère, c’est totalement inaccessible au savoir … mais pas au Voir. Essayez, vérifiez !

10 – Là encore vous avez de meilleures propositions de traduction sur www.4evangiles.fr. Vérifiez ! Mais ce qui est essentiel c’est de réaliser que ce « beau milieu » c’est ce que nous sommes vraiment, l’espace d’accueil illimité & inconditionnel, représenté par la carte illustrant la note n° 1 ci-dessus. Je ne sais pas si c’est « la place du Ressuscité » en contexte catholique, mais je sais d’expérience que c’est là un lieu de renaissance possible à mon corps d’univers, le « Youniverse ». Considérable proposition … vérifiez ! Ce billet décrit quelques expériences … à faire soigneusement.

11 – Comme c’est génial qu’un moine le clame avec tant d’enthousiasme ! La postérité retiendra peut-être qu’une révolution est advenue en France en 2020 parce que tous les bars, cafés, troquets, bistrots, rades, zinc, caboulots, estaminets, assommoirs, abreuvoirs, estancos, buvettes, tavernes, … avaient été fermés par décision sanitaire prise en haut-lieu. Ces « experts » sont tellement coupés du réel quotidien & du Réel ultime qu’ils ne sont plus véritablement humains.

Rappel : selon la belle définition de Paul Valéry, « les experts, ce sont ceux qui se trompent selon les règles » !

12 – Je reprends à mon compte cette déclaration : « Chers amis, l’estime que j’ai pour vous m’empêche de penser que vous êtes des enfants qui ne se satisfont que d’images ». Sur volte-espace il y en a déjà trop, et je compte bien faire un peu de ménage lors d’une révision générale après le millième article.

On me reproche parfois aussi la longueur de certains billets … Désolé, mais je préfère laisser les tweets aux oiseaux, et aux demeurés comme Trump.

Par Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 62 ans, marié, deux fils.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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