Le Collectif CoRP : Collectif pour le Respect de la Personne

La structure essentielle qu’est le Collectif CoRP mérite d’être beaucoup plus connue qu’elle ne l’est pour l’instant. Ce n’est certes pas Volte-espace qui va beaucoup l’y aider, mais les petits ruisseaux finissent – en général – par former de majestueuses rivières.

Si vous appréciez l’importance & l’urgence du texte ci-dessous, n’hésitez pas à le faire connaître aussi largement que possible.

Un Collectif pour éveiller les consciences sur des questions fondamentales de notre société.

Le Collectif CoRP (Collectif pour le Respect de la Personne), est indépendant de tout parti politique et école de pensée.

Il rassemble des femmes et des hommes qui souhaitent mettre leurs compétences et leur expérience au service de la promotion des droits et du respect de la personne humaine dans son intégrité, physique et psychique (0), dans notre pays, en Europe et dans le monde.

Nous refusons la pratique dite des « mères porteuses » c’est à dire la mise à disposition des organes et de la vie d’une femme pendant 9 mois, pour servir de réceptacle à l’enfant en étant destituée de son statut de mère¹. L’enfant est transféré par contrat à celle, celui ou ceux qui ont commandé l’enfant et la mère véritable est dégradée : elle n’est plus que prestataire de service, que « mère de substitution » (surrogate mother)².

Indissociables de la personne et de sa chair, la grossesse et l’accouchement sont des événements biologiques et biographiques personnels fondamentaux. Les enfants nés dans ces conditions ont une origine morcelée, parce qu’ils sont arrachés dès la naissance à celle qui les ayant portés, nourris, a noué avec eux leur première relation humaine.

C’est pourquoi nous affirmons le principe qui fonde la maternité sur l’accouchement. La maternité (grossesse et accouchement) n’est ni un service ni un travail disponible pour qui verse en échange de l’argent, rémunération ou indemnisation.

Par ailleurs, nous estimons que les lois constituent le socle sur lequel s’institue l’humanité. Elles seules peuvent garantir le respect de la justice, de la paix, de la liberté, de l’égalité et de la dignité des êtres humains. Or ces valeurs fondamentales sont remises en cause aujourd’hui, à la fois par le néo-libéralisme sans frontière et par le développement de biotechnologies qui risquent de réduire le corps de la personne au statut de ressource, de matériau biologique, ou de produit. Les femmes sont particulièrement exposées, compte tenu de leur rôle dans la procréation. En effet, la pression est forte pour que leur corps devienne disponible et utilisable pour répondre à la « demande d’enfants » de personnes ou de couples stériles. Une idéologie hyper-libérale et individualiste les pousse à accepter de « prêter » leur utérus pour produire des enfants. On met hypocritement en avant le consentement des femmes à leur propre instrumentalisation, alors qu’il s’agit la plupart du temps de l’exploitation des femmes pauvres, ou alors de l’emprise d’une idéologie moderne du don qui pousse une femme à « donner »  à un(e) autre ou à un couple ce qui ne peut pas l’être : le lien vital qui la relie à l’enfant qu’elle porte, lien qui appartient aussi à l’enfant.

Nous souhaitons rappeler la différence fondamentale entre les personnes et les choses³, qui irrigue l’ensemble du droit français. L’enfantement et l’enfant lui-même ne peuvent entrer dans un   système de production et d’échange sans porter atteinte au droit des personnes.

En outre, nous voulons dénoncer l’instauration de nouvelles règles de langage, par lesquelles tout commence et qui visent à  masquer la réalité de  pratiques  sociales violentes et incompatibles avec  les acquis de notre droit. Nous nous attacherons à déceler les procédés rhétoriques  utilisés à des fins de propagande idéologique. Par exemple : la formule « Gestation pour autrui » occulte  l’épreuve de l’accouchement, avec ses risques. Le mot « gestation »  laisse croire qu’une grossesse est une simple opération organique fonctionnelle, tandis que «  pour autrui » suggère une action altruiste et masque le caractère commercial du contrat. C’est déguiser une pratique sociale violente (4) sous des discours sentimentaux et lénifiants.

Enfin, nous contestons l’effacement de la distinction entre la maternité et la paternité.

Nous voulons éveiller les consciences sur ces questions fondamentales qui concernent notre avenir à toutes et à tous.”

&

Parmi les membres de ce collectif figure notamment Marie Balmary, dont le texte ci-dessous a été repris sur volte-espace :

« Comment donner des droits qui corrigent des injustices sans détruire le langage ? »

Et également Monette Vacquin, dont il convient de lire sur ce sujet le déjà ancien mais très riche ouvrage : « Main basse sur les vivants » aux Éditions Fayard, 1999. Cet auteur a également fait paraître en 2016 chez Belin : « Frankenstein aujourd’hui – Égarements de la science moderne ».

Dans le premier ouvrage indiqué elle cite Pierre Legendre :

« Allons-nous produire des enfants fous qui seront la monnaie avec laquelle nous réglerons la note de nos désirs de toute-puissance ? »

 

Cordialement

 

0 – L’incomplétude de cette formulation pose une grande vraie question : est-il possible de garantir une intégrité de l’homme sans faire appel à la, et plus exactement à sa, dimension spirituelle ? Autrement dit : un humanisme est-il possible en dehors d’une anthropologie ternaire, « corps & âme – Esprit » ?

Si vous hésitez sur la réponse, vous pouvez notamment relire l’histoire du 20° siècle, ou plus rapidement consulter les actualités …

¹ – « Statut de mère » … : cette expression juridique m’écorche un peu les oreilles … parce qu’elle contribue à « masquer la réalité ».

En réaction, je ne peux m’empêcher de penser aux livres magnifiques de Frédérick Leboyer, et notamment à celui qui s’intitule sobrement « Le sacre de la naissance », réédité sous le titre « Célébrer la naissance ».

Tout est dit dans les titres, et surtout dans la superbe collection d’œuvres d’art rassemblée dans ces livres : la réalité de la naissance y est exposée dans toute son évidence. Comme d’habitude n’en croyez pas un traître mot, vérifiez !

Mais « l’évidence est une cause bien connue de cécité » comme l’a écrit Samivel. Surtout quand elle s’oppose à l’espoir de récolter des espèces sonnantes et trébuchantes, de développer un marché …

² – Il me semble permis de se demander si la personne capable d’assembler de telles expressions : « mère de substitution (surrogate mother) » fait encore vraiment partie du genre humain ? Ce brave Coluche avait vu assez juste avec son expression radicale – qui ne s’applique pas qu’au monde politique, loin de là –  :

« Cinq ans de droit et tout le reste de travers » !

Ce qu’on appelle le « droit » ne semble pas (plus … ?) suffisamment puissant tout seul pour garantir le bon fonctionnement des sociétés. Quand serons-nous enfin capable d’adosser le droit à une anthropologie ternaire, « corps & âme – Esprit » ? Une civilisation digne de ce nom n’est sans doute pas à espérer avant … Il y a du pain sur la planche !

³ – « Rappeler la différence fondamentale entre les personnes et les choses », et plus exactement entre la Première Personne qu’essentiellement nous sommes tous Ici au Centre et les innombrables choses périphériques, c’est le cœur de la vie et de l’œuvre de Douglas Harding. Si la vie de ce génie méconnu s’est terminée en 2007, son grand œuvre qu’est la Vision du Soi(Vision Sans Tête) n’en est encore qu’à ses débuts. Je suis plein de gratitude & très fier de pouvoir, modestement, y contribuer.

4 – Je pense qu’il conviendrait d’écrire plus exactement : « une pratique violente asociale ». Quand on sait les dégâts considérables causés « seulement » par de petites enfances gâchées, bâclées, on imagine assez bien les désastres à venir que généreront à coup sur ces pratiques d’apprentis-sorciers incultes & inconscients. Cette pratique juxtaposant toute-puissance scientifique et volonté mercantile contribuera activement à faire … « dissociété ».

Je commence à abuser de la citation ci-dessous, mais elle semble assez bien convenir à ce nouveau contexte :

« Corruptio optimi pessima. »

« La corruption de ce qu’il y a de meilleur est la pire. »

Et dans une traduction sans doute moins exacte mais plus dynamique :

« La corruption du meilleur entraîne le pire. »

NB : Je profite de l’opportunité de cette citation pour évoquer un grand & beau livre – une sorte de « testament spirituel » qui éclaire l’ensemble de la vie & l’œuvre d’Ivan Illich (1926-2002) :

« La corruption du meilleur engendre le pire » Entretiens  David Cayley & Ivan Illich

Il aurait sans nul doute critiqué l’instrumentalisation de « la gestation pour autrui », oups désolé … de la « grossesse pour acheteur » par les apprentis-sorciers évoqués ci-dessus, et, peut-être travaillé sur la « contre-productivité » garantie de cette nouvelle « offre » … ! Entre-temps des dégâts considérables auront été  produits, des vies humaines sabotées …

Comme l’a si bien écrit Emil Cioran :

« Le progrès est un élan vers le pire. »

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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