Le climat entre nos mains – La Revue Durable

Il n’est malheureusement plus guère besoin de prendre connaissance de ce qui se passe très loin – par exemple cette exceptionnelle vague de chaleur de ce début février 2017 en Australie – pour constater par soi-même la réalité, l’ampleur et la vitesse d’aggravation du dérèglement climatique (0). Non, sortir de chez soi, écouter ses sens¹, constater le déficit d’enneigement, de gel, de pluviosité, constater la modification du calendrier phénologique et du comportement de diverses espèces : oiseaux, papillons, insectes …, etc, etc … suffit amplement².

Pour ceux qui ne se satisfont pas de ces simples observations, généralement condamnées comme « subjectives », il y a aussi les très scientifiques & convaincantes animations en spirale réalisées par Ed Hawkins de l’université de Reading.

Notamment celle sur l’élévation des températures moyennes, où l’écart de la courbe de l’année 2016 est impressionnant :

Cf. également celle montrant l’augmentation de la concentration en CO² de l’atmosphère, et d’autres, sur le site de Climate Lab Book.

&

Une fois que l’on est convaincu de la réalité du phénomène, la question « Quoi faire ? », ou plus exactement « Que puis-je faire ? »³ demeure grande ouverte … Pour vous aider à y répondre, « pour vous inciter à vivre dans le respect des équilibres du climat »,  L'(excellente) Revue Durable a mis en place le site Le climat entre nos mains, qui vous propose de :

  • connaître vos émissions de gaz à effet de serre pour vous situer sur cette question cruciale
  • les réduire et vous aider à trouver les ressources à cette fin
Martin Luther King

« Je vous dis aujourd’hui, mes amis, que malgré les difficultés et les frustrations du moment, j’ai quand même un rêve. »

Martin Luther King, Washington D.C., le 28 août 1963

 

Notre rêve est de voir, malgré les difficultés et les frustrations du moment, des centaines de milliers de personnes prendre le climat entre leurs mains. C’est pourquoi nous invitons toutes celles et tous ceux qui comprennent le moment historique que nous vivons à diminuer, étape par étape, leurs émissions de gaz à effet de serre afin d’accélérer le changement de trajectoire nécessaire.

 

Cordialement

 

0 – Je ne m’étendrai pas ici sur le cas des climato-sceptiques, désormais magnifiquement représentés par le personnage nauséabond et malfaisant qu’est Donald Trump. Je ne peux que craindre que, très rapidement, pour eux aussi les faits ne deviennent … amicaux. (« Facts are friendly », Carl Rogers).

¹ – « … sortir de chez soi et écouter ses sens » : cela semble simple a priori, mais cela représente déjà un défi considérable.

Sortir … de ses idées plus ou moins préconçues, de ses habitudes, de ses concepts & conditionnements, d’un langage qui nous parle au moins autant que nous le parlons, … n’est pas si facile. Et écouter suppose de commencer par faire silence, alors que jamais les habitants de notre époque n’ont été envahis par autant de « bruits » divers et variés, notamment de toutes ces voix lénifiantes & intéressées nous assurant que ce n’est pas si grave, que le mieux consiste encore à « profiter » comme avant, qu’il serait hasardeux de remettre en question le business as usual …

Il me semble ne jamais avoir tant vu de publicité pour voyages lointains en avion, croisières aux pôles, voitures, … bref pour tout ce qui est rigoureusement contraire à l’état des connaissances sur le dérèglement climatique … « Nous ne croyons pas ce que nous savons » : quel meilleur résumé que ce constat de Jean-Pierre Dupuy dans « Le catastrophisme éclairé » ?

Tenez, je vous propose de choisir entre ces deux formulations :

  • quel temps fait-il ?

Il en va de notre avenir à tous …

Dans l’indispensable transition, l’incontournable transformation personnelle & sociale, à laquelle nous sommes acculés, la Vision du Soi selon Douglas Harding peut nous apporter énormément : une compréhension à la fois très fine et très profonde de la place de l’homme dans la hiérarchie universelle d’une part, et une satisfaction si totale qu’elle nous permet d’abandonner toutes ces illusoires compensations par la consommation d’autre part. Mais n’en croyez pas un traître mot, essayez, vérifiez … !

² – Est-ce que les urbains, qui constituent désormais l’immense majorité de la population, sont incapables de faire ces observations par eux-mêmes … ? Je ne le pense pas.

Je crois aussi que les villes sont très directement menacées par les nombreuses conséquences du dérèglement climatique, et pas seulement les villes côtières par la montée des eaux. Ce sont, quelles que soient les illusions dont leurs habitants et les « décideurs » se bercent souvent, des écosystèmes extrêmement dépendants et fragiles, très peu résilients.

³ – Cette question posée à la première personne va m’attirer, une fois de plus, les foudres de ceux qui surestiment l’importance de la dimension sociale & politique de la plupart des problèmes. Si « je » compte sur les marchands, les politiques, les administratifs, les experts, … pour, par exemple, diminuer le transport aérien de 95%, je risque d’attendre très très longtemps. Et pendant ce temps là, de nombreux millions de barils de pétrole sortiront de terre pour un peu plus la polluer et déstabiliser son climat, de nombreux Notre-Dame des Landes seront bétonnés, de nombreux « de plus en plus gros » porteurs seront construits par nos géniaux ingénieurs, etc … Si j’achète un billet d’avion, je suis complice de ce … crime.

« Et dire qu’il suffirait que personne n’achète pour que çà ne se vende pas ! »

A chaque « je » de reprendre à son compte cette puissante parole de feu Coluche pour ramener le transport aérien à … la raison.

Il en va de l’avenir de tous les « je » … et de tous les êtres sensibles.

by-nc-sa

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils.
La lecture de « La philosophie éternelle » d’Aldous Huxley m’oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d’abord la voie du yoga, puis celle de l’enseignement d’Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d’accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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2 Responses to Le climat entre nos mains – La Revue Durable

  1. Nicolas dit :

    Bonjour Jean Marc
    Je ne serai pas aussi radical concernant les vols en avion. Il est intéressant d’aller voir ce qui se passe chez nos voisins. Pourquoi ne pas reverser une somme à une association écologique equivalant au bilan carbone du vol de nos vacances? Pour moi (et pour bcp de chercheurs sur le sujet), pour préserver notre très chère terre, il faut absolument arrêter de manger de la viande. Je suis végétarien. En voyant l’espace au dessus de mes épaule, il m’est impossible de continuer de manger nos amis les animaux. De plus, quand on sait les quantités d’eau, de nourriture etc qu’il faut pour produire 1 kg de viande, la deforestation à outrance pour monter des usines a torture, le choix est vite fait. Alors je ne suis pas extrémiste : arrêtons de manger de la viande : très bien. Si on y arrive pas, en manger moins c’est très bien aussi.

  2. Bonjour Nicolas,
    Tout à fait d’accord en ce qui concerne l’excessive consommation de viande, « produite » majoritairement dans le cadre de l’élevage industriel. Et la solution « radicale » devant ce problème consiste effectivement à devenir végétarien.
    La Revue Durable et Le Climat entre nos mains partagent d’ailleurs quelques ressources à ce sujet : https://leclimatentrenosmains.org/fr/je-limite-ma-consommation-de-viande-deux-fois-par-semaine-au-plus
    Et elles offrent aussi des pistes dans de nombreux autres domaines, tant il est vrai qu’il convient de progresser sur de nombreux fronts à la fois, face au désastre climatique en cours et à l’inertie de la plupart de nos décideurs sur cette question.
    Mais … les déplacements lointains, de travail, de loisirs, et surtout de recherche intérieure peuvent et doivent à mon avis être reconsidérés radicalement. Une compensation carbone volontaire ne suffira pas à équilibrer le bilan, d’après la plupart des spécialistes … Alors oui, je sais, vu notre addiction au pétrole dans à peu près tous les secteurs de la vie actuelle, la désintoxication va être difficile et douloureuse.
    L’autre « option » est peut-être l’effondrement de nos fragiles sociétés, l’affrontement pour les ressources, … comme conséquences de la déstabilisation du climat. Je n’ai pas trop envie que mes enfants, ni que tous les êtres sensibles, aient à vivre dans ce monde là …
    Cordialement
    Jean-Marc

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