La dernière Upanishad ?

« Conduis-moi¹ du rêve à l’éveil.

Conduis-moi de l’opacité à la clarté.

Conduis-moi de la complication à la simplicité.

Conduis-moi de l’obscurité à l’évidence.

Conduis-moi de l’intention à l’attention².

Conduis-moi de ce qu’on me dit que je suis à ce que je vois que je suis.

Conduis-moi de la confrontation à la grande ouverture.

Conduis-moi en ce lieu que je n’ai jamais quitté.

Où se trouve la paix, la paix, la paix. »

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3°voieCe titre, un tantinet provocateur, est celui du chapitre six de « La Troisième Voie – La science et l’art de la réalisation du Soi », un livre qui rassemble une trentaine d’articles de Douglas Harding consacrés à la Vision du Soi.

La traduction de « Look for Yourself » (1996) a paru aux éditions du Relié en 2000, puis en collection de poche chez Albin Michel (Cf. ci-contre).

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Cet article-ci commence avec un développement du célèbre mantra extrait de la Brihadaranyaka Upanishad³ :

« Asato ma sad gamaya
tamaso ma jyotir gamaya
mrtyor ma amrtam gamaya »

« Conduis-moi du non-être à l’être
Conduis-moi de l’obscurité à la lumière
Conduis-moi de la mort à l’immortalité. »

Et il se poursuit par un long échange entre le « Seigneur de l’Univers » et ses conseillers, « les dieux », qui Le supplient d’être enfin plus accessible.

« Car même les meilleures idées et les meilleurs sentiments à votre sujet ne peuvent vous remplacer vous, sont à des millions de lieues de votre imposante présence. Les gens ont besoin de vous voir. Les ouï-dire ne sont presque d’aucune utilité. »

S’ensuit … une remarquable présentation de la Vision du Soi que je vous invite à lire, relire, méditer … et surtout pratiquer, sans vous laisser contaminer et décourager par l’aveuglement, l’entêtement (!), l’ignorance stupéfiante et consternante des « gens » dont il est question ci-dessus. Nous, à leur place, nous ne manquerions pas de saisir l’exceptionnelle opportunité qui nous est offerte … !

« … je vais dire un mot d’encouragement à ceux qui, me voyant clairement, désespèrent de ne jamais pouvoir éveiller le monde à cette vision. Ici, ce n’est pas une question de nombres et les règles de l’arithmétique n’ont pas cours. Quand l’une de mes créatures me trouve, QUI me trouve ? Est-ce cette créature en tant que son petit moi séparé et solitaire, en tant que tous les autres « moi », ou en tant que le Soi qui est moi-même ?

Regardez et voyez.” »

 

Cordialement

 

¹ – Ce « conduis-moi … » heurte un peu mon oreille ! Je sais bien que la « prière » s’adresse au Soi, à ce que Je Suis vraiment, à un Contenant, un Espace d’accueil illimité et inconditionnel qui, normalement, ne devrait guère courir le risque d’une personnification excessive et dommageable parce que, souvent, infantilisante et déresponsabilisante …

Je lui préfère de beaucoup un « Puissé-je passer … », en écho au logion 42 de l’Évangile de Thomas, « Soyez passant ».

Puissé-je passer,  tout simplement, de mon identification périphérique à ma Réalité centrale, de « je suis humain » à Je Suis !

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² – Cf. la réflexion de Simone Weil sur l’attention :

« L’attention, à son plus haut degré, est la même chose que la prière. »

« Il y a quelque chose dans notre âme qui répugne à la véritable attention beaucoup plus violemment que la chair ne répugne à la fatigue. Ce quelque chose est beaucoup plus proche du mal que la chair. C’est pourquoi, toutes les fois qu’on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi. »

« Ce n’est pas seulement l’amour de Dieu qui a pour substance l’attention. L’amour du prochain dont nous savons que c’est le même amour, est fait de la même substance. Les malheureux n’ont pas besoin d’autre chose en ce monde que d’hommes capables de faire attention à eux. La capacité de faire attention à un malheureux est chose très rare, très difficile ; c’est presque un miracle ; c’est un miracle. Presque tous ceux qui croient avoir cette capacité ne l’ont pas. La chaleur, l’état de cœur, la pitié n’y suffisent pas. »

… etc

³ – « 108 Upanishads », la récente et magnifique traduction de Martine Buttex.

 

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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