La découverte de l’évidence

« Après de nombreux pays de par le monde, la France découvre depuis quelques années un étonnant jeune homme anglais de plus de quatre vingt ans, Douglas Harding. Étonnant à plus d’un titre, d’abord par son parcours atypique, véritable self-made-man de la spiritualité, Douglas fait partie de cette race d’hommes remarquables qui découvrent tout par eux-mêmes en se soumettant à l’école de la vie.

Né en 1909, Douglas fut très tôt obsédé par l’éternelle question : “Qui suis-je ?” ou plutôt “Que suis-je ?”

douglas-hardingNoHeadEn Inde, durant la seconde guerre mondiale, après des années d’études solitaires et un travail obstiné d’auto-investigation, Douglas réalise de manière fulgurante que pour lui il n’a pas de tête, qu’au “centre” de lui même sa véritable nature n’est pas une chose mais un infini espace d’accueil pour le monde. Cette vision de sa nature originelle se produit alors qu’il cesse de penser à propos de ce qu’il est et qu’enfin il ose simplement voir. Il a alors trente trois ans. Dès lors, délaissant quelque peu son travail d’architecte, il se consacre à partager sa précieuse découverte mais ce n’est pas facile car c’est simple, si simple¹.

Ce n’est que bien plus tard vers l’âge de soixante ans, après avoir inventé et mis au point ses fameux exercices² de vision que Douglas commence réellement à transmettre son approche directe du Réel.

Depuis il a rencontré et décapité³ avec amour des milliers de gens, parcourant le monde et enseignant inlassablement partout où il est invité.

La seule rencontre du personnage est, comme toujours avec des êtres de lumière, un événement en soi. Exemple touchant de simplicité, d’humilité et d’accueil, pour ceux qui le rencontrent, il est l’Ami (4), celui qui apporte la bonne nouvelle avec l’enthousiasme de l’éternelle jeunesse du cœur, pas de hiérarchie dans la “voie sans tête”, pas d’organisation, tout juste existe-t-il un informel réseau d’amis qui pratiquent.

Mais le plus étonnant et sans nul doute le plus dérangeant, ce sont les exercices que propose Douglas. Avec lui pas question de venir à ces ateliers en visiteur, l’intellect bourré à craquer, il s’agit tout de suite de pratiquer pour voir. Ses exercices d’une simplicité au début déroutante permettent pour peu qu’on ait l’audace de s’abandonner à la vérité, de voir ce que nous sommes vraiment, vraiment, pas comprendre, pas sentir mais voir au delà (5) du mot et du concept (6).

En matière de spiritualité il y a l’essentiel et les à côtés, l’enseignement de Douglas ne concerne que l’essentiel. Non pas qu’il rejette le relatif existentiel, bien au contraire, mais il nous propose simplement de baser notre vie et donc notre chemin sur le roc de la vérité, sur ce que Svami Prajnanpad appelait “le terrain solide du Voir”.

La voie directe de Douglas est-elle pour autant une voie facile et bon marché ? Bien sur que non, les voies faciles n’existent pas (7). Voir ce que nous sommes vraiment est, grâce à ses exercices, simple, facile, et évident mais s’établir dans cette vision et vivre à partir d’elle est une toute autre histoire, c’est à vous de la vivre. Ici comme ailleurs le mot clé est pratiquer. »

 

DouglasBarbeNB« Notre servitude ne vient pas de notre inaptitude à devenir libres, mais de notre inaptitude à voir que nous le sommes. »

D. Harding

Cordialement

 

¹ – Rien n’a vraiment changé depuis : partager ce trésor inestimable n’est toujours pas facile … Combien de fois n’avons-nous pas entendu dans des ateliers cette réaction : « C’est beaucoup trop simple, ce ne peut être Cela dont il est question. », accompagnée de mouvements d’humeur plus ou moins maîtrisés …

² – Je ne suis pas parvenu à dater ce texte, repêché dans une réserve pour la revue « Vivre Sans Tête », ni  à en trouver l’auteur. Qu’il se manifeste afin que je rétablisse ses droits … moraux.

Désormais il est convenu de nommer « expériences » ce qui est pratiqué lors des ateliers, ces expériences étant appelées à devenir ultérieurement une ascèse, c’est-à-dire un exercice bien ordonné sur soi-même.

³ – Cf. la citation attribuée à Djalâl ad-Dîn Rûmî,l’immense poète mystique soufi :

« Décapite-toi ! Dissous ton corps entier dans la Vision : deviens vision, vision, vision. »

Les fondamentalistes de toutes obédiences feraient bien de lire un peu Rûmî … et de pratiquer la Vision du Soi … (vœu pieu !).

4 – Cf. aussi « L’ami spirituel » d’Arnaud Desjardins (Éditions de la Table Ronde, 1996).

« Il faut revenir inlassablement à cette vérité que la voie ne consiste pas seulement à acquérir des connaissances ou des capacités qui nous manquent, elle consiste surtout à perdre ce qui nous trouble et nous divise. » (Chapitre 3)

Peut-être perdre … une tête ! Voir tout simplement, se contenter de voir ce qui est ici et maintenant, cela constitue une aide inestimable pour manonasha, un des piliers de l’enseignement de Svami Prajnanpad.

5 – Il s’agit plutôt d’un « en-deçà » du mot et du concept.

6 – Aldous Huxley montre par une belle métaphore que l’être humain vit essentiellement dans son monde de mots et de concepts, un peu comme un iceberg qui n’aurait qu’un neuvième de son volume immergé dans la mer de l’expérience immédiate. Un atelier de Vision du Soi aide efficacement à se replonger dans la mer des percepts, à s’y baigner pour au moins huit neuvièmes. Mais n’en croyez surtout pas un traître mot, venez vérifier !

7 – Dans la Vision du Soi comme dans l’adhyatma yoga de Svami Prajnanpad :

« There is no short cut » … pas de raccourci,

« You will have to pay the full price » … ni de soldes !

 

by-nc-sa

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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