Incendiaires …

Le dimanche 29 octobre 2017 j’ai pour la première fois vu, senti, respiré, … un immense incendie. (0)

Tout le versant de la montagne qui domine Suse (Susa) : Rochemelon¹ (Rocciamelone) , était la proie des flammes, impossibles à maîtriser vu l’étendue concernée, la sécheresse inhabituelle de tout le couvert végétal, le relief et la difficulté d’accès, la présence d’un vent de nord fort et continu, le manque de moyens humains et matériels. Et en dépit d’une abondante réserve d’eau avec le lac du Mont-Cenis tout proche.

Incendie Rocciamelone – Automne 2017

La fumée obscurcissait toute la vallée jusqu’à Turin et au-delà, et franchissait la frontière pour se faire sentir jusque dans le Briançonnais. Heureusement cet incendie n’a pas fait de victime.

Il se trouve qu’en rentrant chez moi – synchronicité plutôt que hasard – j’ai découvert dans ma boite aux lettres une brochure dans laquelle figurait en clair le nom de quelques « incendiaires ». Il s’agit du programme pompeusement intitulé : « Université du désert – Infinitude hiver 2018 » de l’association A Ciel Ouvert².

J’accuse les promoteurs de ces activités :

  • Alain Chevillat au premier chef³,
  • tous ceux qui participent à l’organisation (4),
  • les divers intervenants (5),
  • et bien entendu tous les éventuels futurs participants (6)
  • … sans oublier tous les accros des voyages insoutenables au long cours – famille, amis, … (A tous ceux là je précise qu’il est aussi possible de voyager à pieds, à vélo, à skis, à cheval, en kayak, avec un âne dans les Cévennes ou ailleurs … voire en restant assis sur son zafu !)

… d’être collectivement responsables :

  • de cet incendie là,
  • de tous ceux qui ont détruit de nombreuses régions du monde au cours de l’année 2017 (7),
  • de tous les futurs sinistres,
  • d’un processus accéléré de désertification de la planète (8).

Évidemment ce ne sont pas les seuls. Ce serait trop beau, et le problème serait alors assez simple à régler.

Mais lorsque l’on prétend porter et vouloir partager un idéal spirituel, où la conscience tient naturellement une place centrale, il est primordial de mettre en cohérence, avec la plus grande exigence possible, ses valeurs et ses actes. Seul cet alignement rigoureux fait foi, tout le reste n’étant que du blabla, des « éléments de langage » en bonne novlangue.

En cette semaine où quinze mille biologistes, physiciens, astronomes, chimistes et autres spécialistes du climat, originaires de 184 pays, ont mis en garde, dans une tribune (9) publiée lundi 13 novembre 2017, contre la destruction rapide du monde naturel et le danger de voir l’humanité pousser « les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie », comment serait-il possible de continuer à ne pas voir plus loin que le bout de son nez ?

Mais cette énième alerte ne suffira sans doute pas plus que toutes les précédentes. Ce qui importe c’est de réaliser que « le sage a pour corps l’univers entier », de s’éveiller à sa véritable nature de Vide central & Totalité périphérique.

Difficile ? Impossible ? Non, évident et simple depuis qu’existe la Vision du Soi selon Douglas Harding.

En cette semaine de COP 23 ou Airbus vend 430 avions d’un coup et Boeing 300 …, la seule chose qui puisse permettre de retrouver le chemin de la vie – à peu près l’inverse du business as usual – c’est la conscience. « Détruisons » tous ces destructeurs du climat en n’utilisant aucun de leurs services. « Relançons l’économie ! »

« Il suffirait que personne n’achète pour que çà ne se vende pas. »

Coluche

 

Cordialement

 

0 – Je suis co-responsable des désordres du monde en général et de celui-ci en particulier puisque j’effectuai un trajet France – Italie – France dans une « diesel-mobile ».

Je précise également que la plupart des forêts des alpes françaises, du nord comme du sud, était susceptibles de partir en fumée à ce moment de l’année. Les quelques pluies de début novembre ne changent pas grand chose à la situation de sécheresse globale.

¹ – J’ai déjà parcouru ce versant depuis Suse pour rejoindre le refuge du CAI d’Asti et le sommet. Ce sont plusieurs étages de travaux millénaires qui sont partis en fumée : des vignes, des vergers, des forêts de production et de protection contre le ravinement et les avalanches … La Vierge monumentale qui trône au sommet a certainement versé des larmes, et pas seulement à cause de la fumée.

² – Ne comptez plus sur moi pour établir des liens vers les sites & activités de quelqu’un qui n’est pas de parole … La « Confirmation des désaccords et méta-désaccord avec Alain Chevillat » permet à chacun de se faire sa propre opinion.

³ – Il me semble impossible de s’intéresser à « Cela » depuis si longtemps et de négliger l’état écologique du monde. La spiritualité nous oblige, nous confère une entière responsabilité envers ce monde qui n’est rien d’autre que « le corps du sage » (Upanishads), … ou alors elle est totalement faussée.

« Accompagner des groupes depuis vingt cinq ans dans le désert », et continuer comme si de rien n’était, sans se soucier de la dégradation considérable de tout l’écosystème au cours de ce dernier quart de siècle, « parce que moi, ma transformation, mon évolution … le valons bien », oui, pour moi c’est une faute majeure. dans le cadre de référence de la « deep ecology », on pourrait dire que c’est un « péché contre l’esprit ».

Relire soigneusement « Le désert intérieur » de Marie-Madeleine Davy me semble bien plus profitable, spirituellement parlant je veux dire … Question business as usual, mieux vaut continuer de « s’intéresser au désert », sans trop se poser de questions dérangeantes.

4 – Je pense en particuliers aux jeunes gens regroupés sous le nom de « Fleurs » … Comment est-il possible de les associer à de tels errements alors que c’est leur génération qui va payer cash le prix exorbitant du dérèglement climatique ? Une autre faute majeure du « gugusse » évoqué ci-dessus.

5 – Je ne vais pas citer ces quinze personnes pour contribuer – gracieusement – à leur publicité, ils se reconnaîtront. Je précise que je ne critique absolument pas ici les contenus qu’ils proposent et qui sont certainement de grande qualité. Non. Je veux simplement dire que le lieu choisi pour les partager ne fait pas « sens », que « rencontrer l’espace infini en soi », « rencontrer le silence », « se désencombrer », « guérir » … est possible partout sans rajouter – à la fois concrètement et symboliquement – au désordre déjà considérable du monde.

Aucune de ces quinze personnes ne peut ignorer la réalité du dérèglement climatique et décliner sa propre responsabilité … sans laisser peser un gros doute sur la valeur de ce qu’elles transmettent.

6 – Formule alambiquée pour souligner mon espoir que la responsabilité individuelle prévale afin que ces stages demeurent … déserts !

7 – Excessivement nombreux et destructeurs, de vies humaines et de nature, mais dont il est pour l’instant particulièrement difficile de se faire une idée globale à l’échelle du monde. Malgré la prolifération des organismes de surveillance et de soi-disant « prévention », dotés d’outils statistiques hyper-sophistiqués, il semble bien qu’une humanité inconsciente et amorphe en reste au stade du constat désabusé :

« Les forêts précèdent les peuples, et les déserts les suivent. »

8 – Problème majeur qui concerne 40% des terres émergées

9 – Cf. le compte-rendu en français, page 17 à 21 de ce pdf :Ripple S1Final

« … un changement radical dans notre intendance de la Terre et de la vie sur elle s’avère nécessaire pour éviter la misère humaine à grande échelle

« Nous mettons en péril notre avenir en ne résistant pas à notre consommation matérielle intense, quoique géographiquement et démographiquement inégale. »

Le « gugusse » évoqué précédemment va sans doute considérer qu’il propose uniquement de la consommation spirituelle intense … Faites comme moi, oubliez le, vous ne vous en porterez que mieux et Gaïa aussi.

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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