Habemus … François !

C’est une bonne nouvelle, car depuis le film de Nanni Moretti, « Habemus Papam », il y avait de quoi s’inquiéter, tant à propos du processus électif que des tourments intérieurs de l’heureux élu … Cette fois, la rapidité de désignation laisse penser que le recours aux talents d’un psychanalyste, pour une séance très particulière comme ci-dessous, n’a pas été nécessaire.

Moretti, psy de Piccoli

Ce François, a priori sympathique par bien des aspects, se retrouve déjà malheureusement critiqué pour d’anciens rapports avec la dictature argentine … Nous attendrons d’y voir un peu plus clair, car même le Pape doit pouvoir bénéficier de la présomption d’innocence.

Mais profitons de l’occasion pour nous souvenir de ce passage de l’ouvrage de Marie Balmary, « Le moine et la psychanalyste » : Simon, le moine,  répond à Ruth, la psychanalyste, qui l’a vivement apostrophé sur l’usage abusif de l’expression « Très Saint Père« .

« D’ailleurs, comme vous vous en souvenez peut-être, cette Église a été fondée sur un homme qui a renié son maître et ami, et même sa propre parole. Il s’appelait Simon avant d’être appelé Pierre. Si je reste du coté de la succession ininterrompue des apôtres, c’est que je ne tiens pas à oublier cette défaillance heureusement gardée – et sans doute reproduite aussi – à chaque génération. Le reniement de Pierre me paraît tout compte fait plus fiable comme fondation qu’une pureté et une perfection à l’origine du christianisme. Quoi de plus solide dans la parole qu’une défaillance reconnue ? … »

 

Tout comme le zen, qui n’est rien moins qu’un art du « polissage de la brique pour en faire un miroir », le christianisme tel que je le comprends n’est pas une démarche de perfectionnement du vieil homme, de l’homme extérieur. On ne redira jamais assez que spiritualité et développement personnel sont deux mondes distincts, voire opposés. Et l’Église courrait bien des risques à se concevoir comme une puissante ONG spécialisée dans le développement personnel, uniquement moral de surcroît.

Est-ce qu’elle affirme la primauté du spirituel avec suffisamment de force et d’habileté pédagogique ? Je crains que non, je crains qu’elle hésite à dénoncer avec virulence l’erreur métaphysique d’une modernité persuadée que seul existe, seul est « bankable », l’homme extérieur, l’homme atrophié réduit à un corps et une âme, l’homme privé de sa maturité spirituelle.

Il est bien sûr possible de rétablir un schéma anthropologique juste en lisant notamment « Corps Âme Esprit » de Michel Fromaget, ou l’œuvre de Marie Balmary, et bien d’autres auteurs de qualité.

Mais c’est tellement plus efficace de commencer par un atelier de Vision du Soi selon Douglas Harding. Quelques expériences simples permettent de voir, de vivre que, par exemple, « … je suis en mon Père, vous en Moi, Moi en vous … Le Père est plus grand que moi » (Jean 14, 20 – 28), ou que « Tu es Cela » (Upanishad), ou … Peu importe l’expression en fait, puisque quelle que soit sa qualité, elle restera inadéquate pour rendre l’expérience de l’unité.

Ensuite … lisez ce que bon vous semble, pratiquez ce que bon vous semble, rien ne sera plus jamais pareil …

NB : si vous n’avez plus guère en mémoire l’histoire de François d’Assise, lisez donc « Le Très-Bas » de Christian Bobin, qui vaut largement des biographies plus académiques …

Cordialement

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
Cette entrée a été publiée dans 1 - Pratique de la Vision du Soi, Fondamentaux Vision du Soi and taguée , , , , , , , , , , . Placez un signet sur le permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *