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Gravir l’échelle de la conscience – Paul Chefurka

Paul Chefurka

J’ai découvert l’existence de Paul Chefurka dans la vidéo d’une interview de Pablo Servigne sur le thème : « Effondrement de la civilisation ? »

J’ai écouté & entendu avec attention ce que ce dernier dit de l’option retenue par ce chercheur canadien, exposée dans le dernier paragraphe de ce texte :

« Pour ma part, j’ai choisi un chemin intérieur en réponse à ma prise de conscience de l’étape 5. »

Volte-espace a déjà consacré quelques articles à ce thème – essentiel – du lien entre effondrement (ou transition pour les plus optimistes …) et vie spirituelle. Cf. notamment : « L’effondrement, Petit guide de résilience en temps de crise – Carolyn Baker », ainsi que les quelques articles suivants, écrits à partir des extraits de ce livre publiés sur le blogue du Réseau Transition Québec.

Le site Adrastia.org propose la traduction de deux articles de Paul Chefurka. Voici le premier :

« Gravir l’échelle de la conscience »

&

« Lorsqu’il s’agit de notre compréhension de la crise mondiale actuelle, chacun de nous semble s’insérer quelque part le long d’un continuum de prise de conscience qui peut être grossièrement divisé en cinq étapes :

1. En sommeil profond

À ce stade, il ne semble y avoir aucun problème fondamental, seulement quelques lacunes dans l’organisation humaine, le comportement et la moralité (0), lacunes qui peuvent être résolues à l’aide d’une attention appropriée portée à l’élaboration de règles. Les gens à ce stade ont tendance à vivre avec joie, avec des explosions occasionnelles d’irritation lors de périodes électorales ou de la publication trimestrielle des bénéfices des entreprises.

2. Conscience d’un problème fondamental

Que ce soit le changement climatique, la surpopulation, le pic pétrolier, la pollution chimique, la surpêche océanique, la perte de biodiversité, le corporatisme, l’instabilité économique ou l’injustice sociopolitique, un problème semble retenir l’attention complètement. Les gens à ce stade ont tendance à devenir d’ardents militants pour leur cause choisie. Ils ont tendance à être très volubile quant à leur problème personnel, et aveugle à tous les autres.

3. Conscience de nombreux problèmes

Alors que les gens absorbent des évidences de différents domaines, la conscience de la complexité commence à croître. À ce stade, une personne s’inquiète de la hiérarchisation des problèmes en termes de leur urgence et de leur force d’impact. Les gens à ce stade peuvent devenir réticents à reconnaître de nouveaux problèmes – par exemple, quelqu’un qui s’est engagé à lutter pour la justice sociale et contre le changement climatique peut ne pas reconnaître le problème de l’épuisement des ressources. Ils peuvent penser que le problème est déjà assez complexe, et que l’ajout de nouvelles préoccupations ne ferait que diluer l’effort à déployer pour résoudre le problème de « plus haute priorité ».

4. Conscience des interconnexions entre les nombreux problèmes

La réalisation qu’une solution dans un domaine peut aggraver un problème dans une autre marque le début de la pensée systémique à grande échelle. Elle marque aussi la transition entre penser la situation en tant qu’un ensemble de problèmes à la pensée de celle-ci en tant que situation difficile. À cette étape, la possibilité qu’il pourrait ne pas y avoir de solution commence à pointer le bout de son nez.

Les gens qui arrivent à ce stade ont tendance à se retirer dans des cercles restreints de personnes aux vues similaires pour échanger des idées et approfondir leur compréhension de ce qui se passe. Ces cercles sont nécessairement petits, à la fois parce que le dialogue personnel est essentiel à cette profondeur d’exploration, et parce qu’il n’y a tout simplement pas beaucoup de gens qui sont arrivés à ce niveau de compréhension.

5. Conscience que la situation difficile englobe tous les aspects de la vie

Ceci inclut tout ce que nous faisons, comment nous le faisons, nos relations à autrui, ainsi que notre traitement du reste de la biosphère et de la planète physique. Avec cette réalisation, les vannes s’ouvrent, et aucun problème n’est exempté de l’examen ou de l’acceptation. Le concept même de «solution» est mis à nu et jeté de côté, il est un gaspillage d’efforts.

Pour ceux et celles qui parviennent au stade 5, il y a un risque réel que la dépression s’installe. Après tout, nous avons appris tout au long de notre existence que notre espoir pour demain réside dans notre capacité à résoudre les problèmes d’aujourd’hui. Lorsqu’aucun effort d’intelligence humaine ne semble en mesure de résoudre notre situation, la possibilité d’un espoir peut disparaître comme la lumière d’une flamme de bougie, pour être remplacée par l’obscurité étouffante du désespoir.

Comment les gens composent avec le désespoir est, bien sûr, profondément personnel, mais il me semble qu’il y a deux routes habituelles sur lesquelles les gens s’engagent pour se réconcilier avec la situation. Elles ne sont pas mutuellement exclusives, et la plupart d’entre nous ferons usage d’un certain mélange des deux¹. Je les identifie ici comme des tendances générales parce que les gens semblent être attirés davantage par l’une ou l’autre. Je les appelle le chemin extérieur et le chemin intérieur.

Si l’on est enclin à choisir le chemin extérieur, les préoccupations concernant l’adaptation et la résilience locale passent au premier plan, comme en témoigne le Transition Network (Réseau de transition) et le Permaculture Movement (Mouvement de la permaculture). Pour ceux et celles qui sont sur la voie extérieure, le développement communautaire et les initiatives locales de développement durable auront un grand attrait. La politique des partis organisés semble moins attrayante aux personnes de ce stade, cependant. Peut-être que la politique est considérée comme une partie du problème, ou peut-être est-elle simplement considérée comme un gaspillage d’efforts lorsque l’action réelle a lieu au niveau local.

Si l’on est peu enclin à choisir la voie extérieure, soit à cause de son tempérament ou des circonstances, le chemin intérieur offre son propre ensemble d’attraits.

Choisir le chemin intérieur implique la reformulation de l’ensemble en termes de conscience, de conscience de soi et/ou d’une certaine forme de perception transcendante. Pour quelqu’un sur ce chemin, ceci est considéré comme une tentative de manifester le message de Gandhi :

«Devenez le changement que vous voulez voir dans le monde»

… au niveau personnel le plus profond.²

Ce message est exprimé de façon similaire dans l’ancien adage hermétique :

«Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; ce qui est au-dessous est comme ce qui est au-dessus».

Ou dans un langage clair :

«Pour guérir le monde, commencez d’abord par vous guérir.»

Cependant, le chemin intérieur n’implique pas un «retrait dans la religion». La plupart des gens que j’ai rencontrés et qui ont choisi une voie intérieure confèrent aussi peu d’utilité à la religion traditionnelle que leurs homologues sur la voie extérieure n’en confèrent à politique traditionnelle. La religion organisée est généralement considérée comme faisant partie du problème plutôt que comme une solution. Ceux et celles qui sont arrivés à ce point ne portent aucun intérêt à l’évitement ou au soulagement de la douloureuse vérité, ils souhaitent plutôt lui créer un contexte personnel cohérent. Une spiritualité personnelle d’une sorte ou d’une autre convient souvent pour cela, mais la religion organisée le fait rarement.

Il est important de mentionner qu’il y a aussi la possibilité d’une difficulté personnelle grave à ce étape. Si quelqu’un ne peut pas choisir un chemin extérieur pour une raison quelconque et résiste aussi à l’idée de croissance intérieure ou de la spiritualité comme réponse à la crise d’une planète entière, alors il est vraiment dans une impasse. Il existe quelques autres portes qui mènent hors de ce profond désespoir. Si on reste coincé ici pour une longue période de temps, la vie peut commencer à sembler terriblement sombre, et la violence à l’égard du monde ou de soi peut commencer à sembler être une option raisonnable. S’il vous plaît, gardez un œil vigilant sur votre propre progrès et, si vous rencontrez quelqu’un d’autre qui peut être dans cet état, s’il vous plaît, offrez-lui une oreille attentive.

D’après mes observations, chaque étape successive contient environ le dixième de la population de celle qui la précède. Ainsi, alors que peut-être 90% de l’humanité est à l’étape 1, moins d’une personne sur dix mille sera à l’étape 5 (et aucune d’entre elles n’est susceptible d’être un politicien). Le nombre de celles qui ont choisi la voie intérieure au stade 5 semble aussi être d’un ordre de grandeur plus petit que le nombre de celles qui sont sur la voie extérieure.

Pour ma part, j’ai choisi un chemin intérieur en réponse à ma prise de conscience de l’étape 5. Ce qui me convient bien, mais naviguer sur cet(te) imminent(e) (transition, changement, métamorphose – appelez ça comme vous voulez), requerra de nous tous – peu importe les chemins choisis – de coopérer dans la prise de décisions éclairées lors des moments difficiles.

Meilleurs vœux pour un voyage de longue durée, passionnant et enrichissant. »

Paul Chefurka, le 19 octobre 2012

Article original en anglais : « Climbing The Ladder of Awareness »

Traduction libre (de tous droits d’auteur) par Paul Racicot.

 

Cordialement

 

NB : la Vision du Soi selon Douglas Harding me semble constituer un outil particulièrement bien adapté pour aider ceux qui voudraient s’en servir dans les circonstances difficiles qui nous attendent à brève échéance … Pour aider tous ceux qui sont déjà dans le stade de profond désespoir évoqué ci-dessus à plusieurs reprises. Et, pour aller le moins mal possible « De la fin d’un monde à la renaissance en 2050 », « dieu » sait qu’il va nous falloir des outils solides et parfaitement affûtés.

C’est pour cela que je suis actuellement très déçu par l’attitude timorée de l’Association des Amis de Douglas Harding qui refuse de se donner les moyens d’une diffusion méthodique de la Vision du Soi (Vision Sans Tête). Il me semble qu’il y a là une faute morale avérée …

0 – La personne capable de ne percevoir « aucun problème fondamental, seulement quelques lacunes dans l’organisation humaine, le comportement et la moralité » en s’informant à peu près correctement se trouve vraiment « en sommeil profond », et vraisemblablement pathologique.

Je sais bien qu’il est de plus en plus difficile de s’informer à peu près correctement aujourd’hui, que « bad news is good news », mais quand même. Il s’agit sans doute une stratégie d’évitement de cette douloureuse prise de conscience et du choix d’un engagement à son issue … Ce déni peut constituer une première étape légitime, à condition d’être suivi par d’autres.

Rappel : la Première Personne compte toujours à partir de 0, moyen habile (upaya) de, notamment, transformer les groupes de quatre personnes en groupe de trois … Et également de réduire à néant le concept erroné d’« environnement ». Essayez, vérifiez … n’en croyez pas un traître mot !

¹ – J’apprécie beaucoup la façon mesurée dont est rédigée ce paragraphe. Les choses sont souvent beaucoup plus tranchées et exclusives, en France tout du moins, où cette seule allusion à un « chemin intérieur » attire souvent les mots de « secte », « d’opium du peuple », ou de « bisounours » …

Quasiment aucun « chemin intérieur » digne de ce nom n’a impliqué le désengagement du monde « extérieur », bien au contraire. Quelques fortes phrases résument l’attitude généralement suscitée :

« Ce que nous recevons en sagesse nous le restituons en amour. »

Maître Eckhart

« Quand je vois que je ne suis rien, c’est la sagesse. Quand je vois que je suis tout, c’est l’amour. Et entre les deux ma vie s’écoule … »

Nisargadatta Maharaj

La Vision du Soi selon Douglas Harding dépasse assez rapidement et simplement cette apparence de dualité entre « intérieur » et « extérieur ».

En commençant par inverser votre attention, très exactement de 180° pour la retourner d’abord vers l’intérieur, vers le Centre – l’espace d’accueil illimité et inconditionnel – que vous êtes, que vous le vouliez ou non, que vous en ayez conscience ou non, vous verrez ensuite que ce Centre vide accueille instantanément Tout … Plus de dualité entre intérieur et extérieur …

Le geste ci-contre  résume le double mouvement de ce Voir. Cela n’a l’air de rien & Cela change tout. Vous êtes désormais le « Youniverse«  dans toute son entièreté : « les vannes s’ouvrent, et aucun problème n’est exempté de l’examen ou de l’acceptation ».

Une responsabilité démesurée, certes, mais posée sur les épaules de la Première Personne, du Sujet unique, de la Conscience … pas sur celles de la petite troisième personne. Sans doute le seul endroit d’où cette responsabilité puisse être assumée avec efficacité.

La concomitance de l’invention de La Vision du Soi par Douglas Harding et de la mise à plat de la crise systémique qui menace l’ensemble de la biosphère, humanité comprise, n’est absolument pas fortuite … :

« Wo aber Gefahr ist, wächst das Rettende auch. »

« Mais dans le danger croît aussi ce qui sauve. »

Nous sommes assurément acculés à l’Éveil par l’effondrement, mais nous disposons aussi d’une méthode – simple, concrète, joyeuse – pour parvenir à l’Éveil ! Bien sûr ne croyez pas un traître mot de ces considérables propositions, essayez, vérifiez ! Il n’est question ici que d’expérience.

² – Il est difficile ne serait-ce que de relativiser un peu cette citation célèbre.

Le président Macron vient ainsi de l’utiliser lors de son voyage 2018 en Inde  … alors qu’il s’efforçait – « en même temps » – de conclure des contrats de ventes d’armes, de centrales nucléaires et de moteurs d’avions qui détruisent la stabilité du climat … !

Et ce main dans la main avec un Premier Ministre hindou, Narendra Modi, qui dissimule derrière un joli rideau de fumée « yoga & ayurvéda » sa réalité de nationaliste à la carrière inquiétante, parfois violente, et très controversée … issu d’un « parti » dont un ancien membre a assassiné le Mahatma Gandhi en 1948 … !!!

« Grande Âme » à laquelle on ne peut pas imputer seule la responsabilité du désastre de la Partition des Indes, certes, mais dont l’idéalisme intransigeant aurait, selon certains observateurs autorisés, nourri la violence qui s’est manifesté à cette occasion … et qui dure encore de nos jours !!!!!

Svâmi Prajnânpad n’hésitait pas quant à lui à parler de « refoulement » à propos de Gandhi …

Ces quelques préalables posés – excusez du peu – essayons quand-même de relativiser la formule. Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour percevoir à quel point cette phrase, «Devenez le changement que vous voulez voir dans le monde» maintient la dualité vous # monde, met en avant un « vouloir » qui relève souvent plus du moi, de l’ego, de la petite troisième personne que du Soi, de la Première Personne, et risque, si ça marche, de conforter ce moi dans sa suffisance déjà excessive … Bref, tout n’est pas si rose dans cette formule généralement considérée comme magique. Et ce même en la replaçant dans le cadre d’une citation plus complète :

« Il est plus facile de croire ce qu’on nous affirme officiellement que de s’aventurer dans l’indépendance intellectuelle. En fait, ce n’est pas l’opposition mais le conformisme et l’inertie qui ont de tout temps été les plus sérieux obstacles à l’évolution des consciences. Ma vie est mon seul enseignement. Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ! Le bonheur, c’est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles. Dès que quelqu’un comprend qu’il est contraire à sa dignité d’homme d’obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l’asservir »

Il me semble qu’il est plus prudent de commencer par Voir Ce Que Je Suis vraiment au Centre – espace d’accueil et de conscience illimité et inconditionnel – et de laisser peu à peu les paroles et les actes de ma petite troisième personne en provenir …

Par Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

6 réponses sur « Gravir l’échelle de la conscience – Paul Chefurka »

Bonjour, et merci pour votre échelle !

Je suis au stade 5 (on dirait qu’on parle d’un cancer !) et pas du tout en dépression…

Ma fin perso ne m’inquiète pas, l’Esprit de Dieu habite dans mon coeur, il est ma sécurité éternelle en toutes circonstances…

Vous souhaitant le meilleur, Hélène

Bonjour Hélène,

Merci de votre intérêt pour volte-espace.
Je suis très heureux que vous soyez en pleine forme en dépit d’une situation globale assez troublée.

Il ne s’agit de « mon » échelle que dans la mesure où j’ai repris cet article de Paul Chefurka, qui m’a semblé particulièrement intéressant, et que j’y ai apporté quelques commentaires. Nous sommes bien d’accord que l’intérêt de cette présentation concerne la possibilité pour chacun de « s’insérer quelque part le long d’un continuum de prise de conscience » à propos de « notre compréhension de la crise mondiale actuelle » ? Rien de plus, rien de moins. Il n’est pas question de « conscience » dans l’absolu, même si le « continuum » finit par y parvenir.

L’auteur n’établit pas de lien direct « stade 5/dépression », puisqu’il écrit seulement : « Pour ceux et celles qui parviennent au stade 5, il y a un risque réel que la dépression s’installe. »
Si ce « risque » se réalise, fin du « continuum ». Donc autant l’évoquer clairement.
Le lien que vous établissez avec le cancer est pertinent, même si vous semblez en douter, et Paul Chefurka s’est sans doute inspiré des 5 stades d’Elizabeth Kubler-Ross pour composer son article. Déni (Denial). Colère (Anger). Marchandage (Bargaining). Dépression (Depression). Acceptation (Acceptance).
Après une très longue phase de déni commune à toute notre société française, les gilets jaunes viennent d’exprimer leur colère et le gouvernement organise le marchandage. Restent encore deux stades … avant de prendre des mesures vraiment adaptées.

Vous écrivez : « Ma fin perso ne m’inquiète pas ». Paul Chefurka et moi-même sommes sans doute très exactement sur la même longueur d’onde. Mais la « fin » (et notamment la faim) concerne déjà d’innombrables êtres humains partout sur la planète : quelques co-responsables du dérèglement climatique dans les pays riches, et surtout une immense majorité de pauvres. Les scientifiques du monde entier nous disent quasi unanimement que tout va s’aggraver, voire s’emballer et dépasser des seuils irréversibles. Il me semble donc que la réflexion (profonde) de Paul Chefurka est tout à fait justifiée, et à sa place sur volte-espace.

Quant à « l’Esprit de Dieu habite dans mon cœur, il est ma sécurité éternelle en toutes circonstances », il y aurait beaucoup à en dire. Les adjectifs possessifs, « mon » « ma », ainsi que ce « dans » me contrarient : je préfère quand à moi laisser le « cœur » s’ouvrir à la vastitude de l’espace d’accueil inconditionnel et illimité que Je Suis, que nous sommes tous. Appelez cet espace, « Cela », « l’Esprit de Dieu » si c’est conforme à votre champ de références. En faire l’expérience est la seule chose qui importe vraiment.

« Sécurité » … Il me semble que le message de Jésus n’est ni « rassurant » ni « consolant », et qu’il nous invite plutôt à rentrer dans une zone de « bienheureuse insécurité ». Quoi qu’il en soit les « circonstances » de la crise actuelle (dérèglement climatique & épuisement des ressources & surpopulation & montée des populismes et nationalismes & financiarisation & …) sont absolument nouvelles dans leur simultanéité et leur violence. Il va falloir se retrousser sérieusement les manches pour y survivre … Après tout « Dieu » n’a pas d’autres mains que les nôtres.

Je vous souhaite aussi « le meilleur », Hélène.
Bonnes fêtes.

Cordialement

Jean-Marc

Bonjour, et merci pour votre belle réponse que j’apprécie !

On ne survit pas à un cancer stade 5, même en se retroussant sérieusement les manches !
Nous ne sommes que de passage dans ce monde, en transition vers… Chacun doit marcher sur sa voie, quelle qu’elle soit.

Pour l’essentiel, je rejoins l’analyse de Vincent MIGNEROT, mais vous devez forcément la connaître.

Oui, je vous souhaite vraiment « le meilleur », celui qui vous est destiné.
Bien cordialement, Hélène

Bonjour Hélène,

Le lien entre « stade 5 » et cancer, c’est nous qui l’avons établi … L’article de P. Chefurka pose aussi la question de cette humanité qui, en quelque sorte, veut « son » cancer, qui se le fabrique peu à peu, dans l’ignorance, et actuellement s’efforce de le conserver en pleine connaissance de cause. Là, « en se retroussant sérieusement les manches », il y a peut-être un peu d’espoir.

Le « passage dans ce monde » dure quand même en général 7 ou 8 décennies en moyenne. A quoi peut bien servir cette durée, en plus de permettre à l’espèce de survivre ? A mon humble avis (mais néanmoins partagé avec bon nombre de sages de toutes époques, traditions, cultures) à réaliser, dès ce monde-ci, la « transition vers » Sa Source, qui est aussi la nôtre. Les chrétiens appellent ce « lieu » le « Père », ou « le Royaume », les bouddhistes « la Claire Lumière du Vide », la « Nature de Bouddha », le « Visage Originel ». « Chacun doit marcher sur sa voie », oui, mais chacun doit surtout parvenir en ce « lieu » qu’il n’a jamais quitté que par illusion. J’insiste sur le mot « lieu » parce que pour moi le christianisme dans son exigence spirituelle, souvent si mal comprise, consiste tout simplement à répondre à la question : « Rabbi, demeures-tu » (Jean 1,38). La Vision du Soi peut aider grandement à trouver ce « lieu ».

Je ne connais pas grand chose de Vincent MIGNEROT, mais j’apprécie le travail d’Adriasta, où j’ai découvert les deux premiers articles de Paul Chefurka repris sur ce site.

« Le meilleur », celui qui est destiné à tous, Aldous Huxley en a formulé une assez bonne description dans « L’hypothèse de travail minimale ».

Merci pour vos bons vœux. C’est un peu trop tôt pour ceux de 2019, mais ceux de 2015 : « Tu veux … ou tu vœux pas ? » peuvent sans doute vous intéresser, je crois …

Joyeux Noël

Noël est passé…bien passé !

Je ne veux pas vous contrarier…mais je n’aime pas cette idée « d’un peu d’espoir ». Notre civilisation est une impasse, « notre monde » est en train s’effondrer, beaucoup d’entre nous (et nous-mêmes) n’aurons certainement pas 7 ou 8 décennies pour y songer… (ni 9+ comme mes parents !!)

Recherchons plutôt « l’espérance » pleine et entière, celle dont parle l’évangile : « la foi, l’espérance et l’amour (agapé) », et nous aurons beaucoup plus « qu’un peu ».

Bonne route,
Hélène

Bonjour Hélène,

Je ne suis pas sûr de comprendre votre évocation de Noël … ?
Donc j’en rajoute une couche, extraite du Pélerin Chérubinique d’Angelus Silesius : « C’est en toi que Dieu doit naître. Que Christ naisse mille fois à Bethléem, et non en toi, tu restes perdu pour jamais. » C’est clair qu’il y a un décalage certain avec nos « fêtes » excessivement commerciales …
Je concède que vous avez raison avec ce « un peu d’espoir ». C’est mieux que beaucoup de désespoir, mais « jouer petit ne sert pas le monde ».
Ce que propose la Vision du Soi – assez vainement jusqu’à présent, je l’avoue … -, c’est de s’éveiller à ce « Grand » qui est notre Vraie Nature. A partir de là seulement je pense qu’il est possible de nourrir une ambitieuse espérance. « Passer sur l’autre rive » d’abord, et ensuite conduire la nécessaire transformation radicale de la société.
L’effondrement risque fort d’être très varié dans ses modalités ; il offre sans doute aussi l’opportunité de construire tout autre chose, plus directement « branché » sur l’agapé. Personnellement j’y crois … parce que 1 – je veux y croire et 2 – je dispose d’outils pratiques à l’appui de textes, magnifiques certes, mais que la plupart ont bien du mal à mettre en œuvre, à réaliser.
Le meilleur pour vous. Merci pour ce beau dialogue.
Amitiés
Jean-Marc

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