Ernst Mach

L’image choisie par José Le Roy  pour représenter la Vision du Soi de Douglas Harding lors de l’émission « Non deux : Dieu ! » a été, bien évidemment, l’Autoportrait de Ernst Mach :

 

Ernst_Mach_Innenperspektive
Innenperspektive – Autoportrait du moi
« L’analyse des sensations – Le rapport du physique au psychique » 1886

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce dessin a en effet véritablement cristallisé la recherche de Douglas Harding concernant son identité la plus centrale, la plus profonde. Rien d’étonnant pour cet architecte familier de la perspective et ce chercheur spirituel résolument tourné vers l’intérieur depuis déjà de très nombreuses années.

Voici ce qu’écrit Richard Lang à propos de la découverte de ce dessin :

« Un jour, Harding tomba sur un dessin du philosophe et physicien autrichien Ernst Mach. C’était un autoportrait – mais un autoportrait pas comme les autres. La plupart des autoportraits montrent à quoi ressemble l’artiste à quelques dizaines de centimètres de distance : il  regarde dans un miroir et dessine ce qu’il y voit. Mais Mach s’était dessiné sans miroir ; il avait dessiné son apparence selon son propre point de vue, à zéro centimètre de distance.

Quand Harding vit cet autoportrait, tout devint subitement clair. Jusqu’à cet instant, il avait examiné son identité depuis des distances diverses. Il avait essayé de rejoindre le centre en écartant des couches successives. Mais cet autoportrait là exprimait le point de vue du centre lui-même. La particularité évidente de cet autoportrait est que vous ne voyez pas la tête de l’artiste. Pour beaucoup, c’est un fait intéressant, voire amusant, mais rien de plus. Pour Harding, ce fut la clé qui ouvrit la porte et qui lui permit de voir son identité la plus intime, en réalisant qu’il en était de même pour lui : il manquait aussi sa propre tête. Au centre de son monde, il n’y avait pas de tête, pas d’apparence, rien du tout. Et cette absence de quelque chose était très spéciale, car ce « rien » était à la fois très éveillé et rempli du monde entier. Des années plus tard, Harding écrivit de la première fois qu’il vit qu’il n’avait pas de tête :

« Je ne crois pas qu’il y a eu une « première fois ». Ou, s’il y en a eu, c’était une simple prise de conscience de quelque chose qui avait toujours été. De toute façon, comment pouvait-il y avoir une « première fois », alors qu’il s’agit de regarder dans ce qui se trouve en dehors du temps ? Je me rappelle d’une occasion très distincte où je regardais à l’intérieur. C’était en trois parties.

  1. J’ai découvert une copie de l’autoportrait d’Ernst Mach, dans « La grammaire de la science » de Karl Pearson, où il figurait allongé sur son lit, sans tête.
  2. J’ai réalisé que lui – et moi – nous regardions vers l’extérieur, vers ce corps et vers ce monde, comme depuis le noyau d’un oignon d’apparences.
  3. Il était clair que « La Hiérarchie du ciel et de la terre », dans ma découverte initiale, devait commencer par mon « absence de tête », et que celle-ci devait être le fil auquel tout le reste pouvait être suspendu. »

 

Et voici ce qu’en écrit José Le Roy :

« En 1943, grâce à un dessin du philosophe et physicien Ernst Mach, Douglas réalise sa vraie nature, en voyant qu’au-dessus de ses épaules il n’y a rien, personne, pas d’observateur mais un Espace vide et conscient.

Ce dessin montre en effet que, au-dessus de nos épaules, là où nous placions en imagination une tête, nous ne voyons rien, et que l’espace qui aurait du être occupé par un propriétaire – moi, en tant qu’individu humain – est en fait absolument vide, dépourvu de la moindre chose. L’observateur du monde n’est pas une petite tête, mais au contraire une Infinie Vacuité contenant le monde tout entier. »

 

Je vous invite à faire sans plus tarder votre propre « Autoportrait », à constater qui ou ce que vous êtes véritablement. En observant soigneusement l’évidence que vos yeux vous révèlent et en dessinant cette évidence. Après avoir vu le dessin ci-dessus, vous savez parfaitement ce qu’est un véritable auto-portrait, un dessin de moi-même tel que je me perçois moi-même.

Munissez-vous d’une feuille de papier et d’un crayon, et faites-le. Maintenant.Cette démarche simple, expérimentale, vous apportera plus de certitude que tout ce que vous venez de voir et lire ci-dessus. Tout cela deviendra Votre expérience de première main.

Si jamais vous craignez de vous ennuyer lors de cet exercice solitaire, ou d’être bouleversé par l’observation qui va se matérialiser sur le papier, procédez à deux, avec un-e ami-e. Installez-vous « face-à-face » – comme on le dit si incorrectement et dans une profonde inconscience des conséquences – et dessinez ce que vous observez en commençant par l’autre personne devant vous, de la tête aux pieds, puis en continuant par vous-même, depuis vos pieds jusqu’à la … ? …, à l’absence de tête !

Vous conviendrez que les quelques minutes consacrées à ce jeu d’enfant en valaient largement la peine !

 

ErnstMach
Ernst Mach
18/02/1838 – 19/02/1916

Ernst Mach, dont le nom n’évoque plus guère pour les non-spécialistes que le « mur du son » (Mach 1 = 1 224 km/h dans l’air à 15 °C), a été un philosophe influent à son époque au sein du milieu culturel viennois.

Hugo von Hoffmannsthal et Peter Altenberg suivirent ses cours à l’Université de Vienne, Arthur Schnitzler fut sur le point d’écrire un livret d’opéra avec lui, et Robert Musil (l’auteur de « L’Homme sans qualités ») lui consacra sa thèse de doctorat.

Son influence a perduré après sa mort sur la formation du Cercle de Vienne, représenté légalement par l’Association Ernst-Mach. Parmi ses membres, notamment : Kurt Gödel, Rudolf Carnap, Otto Neurath, …

Albert Einstein le désigna comme « un précurseur de la théorie de la relativité ».

 

MachPhysicienPhilosopheQuelques suggestions pour approfondir ses connaissances à propos d’Ernst Mach.  :

  • Des extraits de « L’analyse des sensations ». Dans « Mon corps, ma perception », Mach commente son Autoportrait et note son absence de tête.
  • « Mach, un physicien philosophe » de Xavier Verley aux Presses Universitaires de France, 1998

 

Mais réaliser notre absence de tête Ici au Centre, valoriser patiemment cette découverte, Vivre aussi continûment que possible à partir d’elle, constitue déjà un merveilleux programme. Celui de la Vision du Soi selon Douglas Harding.

 

Cordialement

 

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils.
La lecture de « La philosophie éternelle » d’Aldous Huxley m’oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d’abord la voie du yoga, puis celle de l’enseignement d’Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d’accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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