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6 - Lectures essentielles

« Derniers fragments d’un long voyage » – Christiane Singer

Je viens de relire pour la troisième fois ce livre admirable de Christiane Singer¹.

ChristianeSinger
Christiane Singer
1943 – 4/04/2007

 

Et je ne peux donc que vous conseiller de le lire entièrement, et de le relire, de ne pas vous contenter des quelques extraits ci-dessous, choisis en lien direct avec la Vision du Soi selon Douglas Harding.

  • De ce récit de la fin de l’existence d’une femme remarquable, je souhaite d’abord retenir cette remarque essentielle :

« … il ne faut pas toujours mourir vraiment pour parvenir au lieu où on a la mort derrière soi. »

Aux EMI (Expériences de mort imminente, NDE en anglais) Douglas préférait les EMP : expériences de mort présente. La plupart de ses expériences d’attention conduisent chacun à distinguer, très concrètement, très simplement, ce qui en lui relève de la mort – ce qui est soumis au triple conditionnement du temps, de l’espace et de la causalité – de Cela qui n’en relève pas, Cela qu’il est non pas aussi, mais d’abord. Et il avait condensé sa recherche & découverte dans son, modeste mais génial, « Petit livre de la vie et de la mort ».

  • Je souhaite aussi relever cette observation d’une grande finesse :

« Tout n’était autour de toi que regards, Christiane. Tout n’est autour de toi que regards. Il manque toujours un mur à toute chambre. Et tu étais seule à n’en rien savoir ! Maintenant la malédiction de l’ignorance est soulevée. »

Les familiers de la Vision du Soi savent toute l’importance de cette observation, la délicieuse liberté qu’elle attribue, même au cœur du plus serré des enfermements. Douglas y avait consacré un chapitre  du « Procès de l’homme qui disait qu’il était dieu » : « Témoin à charge n°1, l’officier de police ».

Mais vous-même dans votre bureau devant votre écran, comme dans n’importe qu’elle autre pièce, ne voyez-vous pas clairement que vous n’êtes pas enfermé entre quatre murs mais espace d’accueil pour seulement trois … N’en croyez pas un mot, comme d’habitude, vérifiez soigneusement.

  • Je souhaite enfin extraire cette histoire étonnante :

« Me vient soudain l’image de ce fameux marin corsaire irlandais** Stortebecker qui fut fait prisonnier par l’armée anglaise avec tout son équipage et condamné à être décapité. Il demanda qu’on le laissât avancer, une fois décapité, aussi loin qu’il en serait capable entre ses marins alignés, et que tous ceux qu’il aurait dépassés fussent rendus à la liberté. Marché conclu dans un grand éclat de rire. Sa détermination était si forte qu’il s’élança, une fois que sa tête eut roulé, et serait allé jusqu’au bout de la rangée si un officier anglais ne lui avait pas fait un croc-en-jambe.

Voilà la force qui m’animait ces derniers mois … je savais profondément atteinte la vie en moi (si je suis vraiment sincère, je savais déjà que ma tête avait roulé). Mais je continuais d’avancer néanmoins sans relâche, dans cette même intention obstinée : « Un de plus, un de plus ! » J’avais la grâce totale d’ouvrir les cœurs, de rendre les êtres à eux-mêmes. Un de plus, un de plus !

[…]

Ce n’est pas la maîtrise de ce corps au-delà de la mort même qui m’impressionne, mais le fait que ce corps ait été évidé par la foudre de tout ego et ne contienne plus que … l’équipage tout entier ! C’est cette troupe de fous de Dieu qui traversent l’océan de vie derrière leur proue qui me bouleverse. Cette proue qui va venir se fendre sur l’éperon de la lame dans le dernier éventrement de l’océan. C’est cet élan qui me fut tout. »

 

Je ne vais pas vous imposer ici un long commentaire sur l’importance de l’expérience de « perdre la tête … et gagner un monde ». Tout est déjà écrit dans « Vision » et dans « Vision du Soi (Vision Sans Tête) ». Il ne vous reste plus qu’à venir la perdre pour de bon dans un atelier de Vision du Soi, un bon endroit pour trouver ou relancer cet élan. Mais comme d’habitude, n’en croyez pas un traître mot, vérifiez …

 

Cordialement

 

¹ – Ce lien vers la fiche auteur des éditions Albin Michel vous donne le minimum concernant Christiane Singer, à peine plus que l’article wikipedia.

Mais vous avez également de très beaux échantillons de sa belle présence à découvrir ici et . Et si j’ai choisi cette taille d’image, c’est pour vous laisser le loisir d’un long face à espace avec elle, avec ce « Je Suis » qu’elle incarnait si pleinement.

volte & espace vous avait d’ores et déjà indiqué le lien vers l’émission « Noms de Dieux » dédiée à Christiane Singer.

Le n° 4 de Sources (mai/juin 2007), la revue de Terre du Ciel, avait rendu un vibrant et émouvant hommage à Christiane Singer. Le site de l’association permet désormais d’accéder à ces quelques pages et photographies en souvenir de celle « … qui n’a jamais cessé d’être là. »

² – Il est étonnant que Christiane Singer n’ait pas rattaché l’histoire du corsaire rouge à son contexte d’origine, à savoir l’île de Rügen à partir de laquelle il a sévit dans la Baltique et la mer du Nord à la fin du XIV° siècle. Elle a cependant raison sur le fait que les anglais sont parfaitement capables de pareilles vilenies … !

 

 

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Par Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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