Dans le sud, par-delà le in et le off … : Solan

Depuis bien longtemps en début d’été, sur France Culture, ma radio préférée, tout comme dans la plupart des journaux et magazines, il n’y en a que pour des « événements » culturels dans le « sud », le sud de la France s’entend :

  • Festival d’Avignon, le « in », le « off », …
  • Rencontres de la photographie en Arles
  • Rencontres Économiques d’Aix en Provence
  • Rencontres de Pétrarque à Montpellier
  • etc …

Et si, dans le sud toujours mais très loin de cette « écume des choses » dénoncée par Paul Valéry, très loin de MonastereSolanl’industrie du « divertissement », un projet radicalement nouveau, parce qu’intemporel et vital pour notre avenir, mûrissait à l’écart de tout lieu « branché », à Solan ?

Vital … pourquoi ? Parce que cette mise en œuvre par une communauté spirituelle des préconisations agro-écologiques de Pierre Rabhi conjugue le respect et le soin de la terre & du sens. (Cette esperluette s’efforce de signifier que les deux termes sont intimement liés, en relation de non-dualité.)

Ni le sens, comme une espèce de supplément d’âme, ni la terre, comme un prétexte ou un support économique, ne sont second, secondaires. Tous deux sont « premiers » : j’ose l’écrire avec la certitude d’être compris par tous ceux qui savent que deux est la moitié de Un … Prendre soin de la terre avec respect, amour, gratitude, émerveillement … constitue un acte liturgique & la liturgie s’enracine dans la beauté et la générosité de la création et dans la dignité de l’homme qui la respecte et la célèbre.

Maladroitement exprimé par moi, cela semble un peu complexe, mais c’est en fait d’une simplicité … biblique ! Et je suis convaincu que l’écologie ne parviendra pas à redresser le cap d’un monde en perdition [qui détruit ses rares sols arables, pollue son peu d’eau douce, dérègle son climat, tripatouille les patrimoines génétiques, … liste non limitative] en dehors d’un contexte profondément sacré, et donc resacralisé. C’est à dire un monde où l’esprit aura retrouvé toute sa place aux cotés du corps et de l’âme (Cf. notamment « Corps Âme Esprit«  de Michel Fromaget). Et cette place n’est pas « après … » ou « au-dessus » : c’est un substrat, comme la terre, dans lequel toutes les activités utiles peuvent s’enraciner. Il s’agit moins d’une clé de voûte que d’une « pierre d’angle ».

C’est bien d’en parler, à condition que le discours s’ancre dans la pratique : labourer, semer, planter, sarcler, repiquer, tailler, récolter, … voir et s’émerveiller.

Cela peut avoir lieu au sein d’une tradition religieuse comme à Solan,et l’orthodoxie est très bien placée pour réinscrire le respect de la terre au centre du débat. Cf. notamment ce lien.

Cela pourrait avoir lieu au sein de la dynamique impulsée par Pierre Rabhi : Mouvement Colibris, Kaizen. Mais, selon moi, à une seule condition : mettre beaucoup plus délibérément en avant et sans attendre « Cela« , la dimension spirituelle de sa démarche.  Pierre ne cache pas qu’il a beaucoup appris de Krishnamurti et que ce dont il est porteur le dépasse infiniment.

Et bien sûr tout cela peut être grandement facilité par un atelier de Vision du Soi selon Douglas HardingSimplement, expérimentalement, clairement, rapidement … il suffit d’essayer.

 

solanConcernant Solan, la meilleure solution consiste évidemment à rendre visite à cette petite communauté de moniales orthodoxes, à parcourir le lieu, à s’imprégner de l’atmosphère, à découvrir et acheter quelques productions agricoles artisanales, à ouvrir un dialogue, à re-découvrir la beauté des icônes et la qualité des textes de la tradition orthodoxe (du Père Placide Deseille notamment), …

Mais il est également possible de se faire une idée assez précise de ce projet en lisant « Le monastère de Solan – Une aventure agroécologique » aux Éditions Actes Sud.

 

NB : Le 25 août prochain aura lieu la journée de la sauvegarde de la Création dont le programme intègre  une intervention de Pierre Rabhi : « Entre faim de pain et faim de sens, quel avenir pour l’humanité ? »

Cordialement

 

by-nc-sa

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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