Courriels : Désaccords et méta-désaccord avec Alain Chevillat

Voici l’échange de courriels résultant de la transmission de « A Ciel Ouvert : désaccords et méta-désaccord » à Alain et Évelyne (0) Chevillat et à quelques amis¹ :

Le 02/01/2017 à 12:51, Alain CHEVILLAT a écrit :

Bonjour Jean-Marc,

J’ai lu ton texte avec attention, et la même réponse me vient que précédemment : chacun a le droit d’avoir sa vision, ses centres d’intérêts et ses méthodes, et personne d’autre que lui n’est obligé d’y adhérer. Si tu n’adhères pas à la proposition A Ciel Ouvert actuelle, tu es tout à fait libre de te désengager.

Je n’apprécie pas du tout ton « méta-désaccord » . A Ciel Ouvert  – après Terre du Ciel et d’autres depuis 1975 – a été créé par un couple engagé avec une vision claire qui a été constamment réaffirmée. C’est automatiquement la ligne de l’association, personne ne la fera changer. Venir se greffer sur une grosse association en voulant ignorer sa vision/mission de départ, et voulant la changer en imposant sa propre vision, c’est irresponsable, pour ne pas dire malhonnête. C’est, hélas, ce qu’ont fait Rachel et Alain Michel avec Terre du Ciel. Le résultat : les 2 sont aujourd’hui partis, et Terre du Ciel est au bord du dépôt de bilan.

Si tu as une vision claire de ce qu’il faut faire, comme il semble, crée ta structure et fais-le. Ne cherche pas à pondre, comme le coucou, ton œuf dans le nid d’un autre oiseau. Laisse à chacun la liberté de faire son nid comme il l’entend, et fais le tien².

Sur le contenu de ta proposition, il te reste à comprendre que les fondateurs de A Ciel Ouvert ont une double dimension : Ils sont enseignants, et ils sont organisateurs/politiques. Comme je l’ai écrit naguère, dans un article publié dans Alliance, ma véritable vocation aurait pu être ministre de la spiritualité ! C’est ce que je fais avec A Ciel Ouvert, et que j’ai toujours fait avec les autres structures. Il y a une partie pédagogique, et il y a une partie politique. Ce n’est, semble t’il, pas ta nature, mais chacun a sa nature et doit œuvrer en fonction de sa nature.

Je te souhaites de trouver ta voie et de t’y engager, sans jouer le coucou. En plus, c’est cela qui rend heureux.

Chaleureusement,

Alain

&

Le 06/01/2017 à 20:39, Alain CHEVILLAT a écrit :

Bonjour Jean Marc,

J’ai reçu des retours à ta lettre qui montrent que tu l’as envoyée à beaucoup plus de monde que les 3 personnes mentionnées sur le mail : à des intervenants, des stagiaires, le CA, etc.³

J’estime qu’il est inacceptable qu’une personne qui représente l’association puisse se permettre une telle lettre, négative sur tous les aspects du fonctionnement de l’association, à un vaste public, alors  qu’elle a été invité au CA où elle a pu prendre la parole comme elle le voulait, et qu’elle aurait très bien pu parler à l’AG librement.

En conséquence, je ne peux plus accepter que tu représentes A Ciel Ouvert en Maurienne, et te demande soit de démissionner du CA de ACO Maurienne, en laissant la place de président à quelqu’un d’autre, soit en changeant le nom de l’association et en enlevant l’expression A Ciel Ouvert. Ceci est conforme à la charte que nous avons signée l’un et l’autre.
Cette mesure est dans un esprit de clarification : soit tu portes les valeurs et tu accepte la stratégie du CA de l’association, et tu en fais partie, soit tu n’est pas en accord avec l’esprit et la stratégie de l’association, et tu n’as aucune raison d’en faire partie. Il vaut mieux pour toi que tu crées ta propre structure.

Je pense que tu comprendras et accepteras cette situation.

Bien sincèrement,

Alain Chevillat

&

Le 16/01/2017 à 13:58, Jean-Marc Thiabaud a écrit :

Bonjour Alain,

En réponse à ton courriel du 06 Janvier 2017 repris ci-dessous, voici deux paragraphes bien distincts.

A – Tout d’abord voici ce qui s’est dégagé de la discussion que j’ai eu avec Hélène et Gérard mardi dernier, juste avant notre séance hebdomadaire de méditation.

Nous – ACOM – nous sommes engagés auprès des adhérents 2016/2017 pour trois ou quatre propositions : méditation hebdomadaire, une projection-débat, une conférence-débat et une « sortie ».

Il nous semble impossible de remettre en cause cet engagement en cours d’année. Nous allons donc essayer de tenir à peu près ce programme jusqu’à fin juin 2017. Et en tout état de cause au moins la méditation.

Je suis tout à fait disposé à démissionner dès à présent, mais ni Hélène ni Gérard ne souhaitent reprendre le flambeau. C’est ce qui était convenu avec eux dès le départ.

Et en dépit de nombreuses sollicitations nous n’avions pas trouvé de quatrième personne pour compléter le bureau de l’association. Ce n’est certes pas maintenant que nous trouverons un président.

Je t’adresserai donc une lettre de démission début juillet. Et tu peux considérer dès à présent que je ne représente plus ACO en Maurienne.

Il ne semble guère possible non plus de créer une autre association, notamment vu le principe des adhésions croisées qui court jusqu’à fin août pour tous les adhérents d’ACOM.

Fin juin la situation sera expliquée aux adhérents et, s’il ne se trouve personne pour continuer, l’association entrera en sommeil.

Je pense que tu comprendras et accepteras cette situation.

NB : Ni Hélène ni Gérard ne partagent mes doutes et critiques envers ACO.

Je suis vraiment désolé qu’ils pâtissent de ma décision, imputables pour partie à ces désaccords & méta-désaccord, et pour une autre partie à ton attitude envers la Vision du Soi.

B – Ensuite quelques réponses précises aux assertions de ton courriel du 6/01.

1 – Tu t’étonnes de mon envoi à divers destinataires en plus de toi et Évelyne … Mais j’annonce clairement dans le dernier paragraphe de ma pièce jointe que je vais procéder ainsi, et pourquoi.

Dans ta 1° réponse du 2/01/17 à mon courriel de la veille, un véritable miracle de réactivité de ta part, tu écris pourtant « avoir lu mon texte avec attention » … Pas jusqu’au bout alors.

2 – Ma lettre n’est absolument pas « négative sur tous les aspects du fonctionnement de l’association », bien au contraire. Je l’ai rédigée « dans un esprit de clarification » et dans le souci d’éviter une nouvelle « catastrophe … pour éviter le pire » (Toujours en référence à « Du bon usage des crises »).

Je suis, me semble-t-il, totalement aligné sur l’objet de nos associations et en accord parfait avec les annonces qui ont été faites à Pierre-Châtel les 11 et 12/04/2015.

Mais comme je perçois un certain nombre de dérives, j’essaye de les formuler – peut-être de manière un peu brusque – pour appeler à revenir à cet objet et à cet « esprit ».

3 – Dans tes deux courriels tu ignores superbement le détail de mes critiques, tant sur les quatre points de désaccord que sur le méta-désaccord concernant le fonctionnement. Aucune argumentation un tantinet construite sur l’un ou l’autre de ces cinq points …

En gros ta réponse c’est « circulez, il n’y a rien à voir, rien à penser, rien à dire … » Pour ma part je l’estime inacceptable.

4 – J’ai effectivement été invité au CA en 09/2015, en tant que président d’un nouveau groupe local. Tu te rappelles sans doute que nous avions déjà eu à cette occasion une prise de bec sur … je ne sais plus quel point de fonctionnement. Il me semblait, naïvement, que j’étais invité à coconstruire avec d’autres membres d’une même association, que j’avais le droit et surtout le devoir de proposer, contester, nuancer, appuyer …

Jean-Michel m’avait alors gentiment expliqué ton « mode d’emploi », que je résumerai ainsi : « Ne jamais contrarier Alain qui a toujours raison ». Concernant le fonctionnement d’une association, j’estime pour ma part qu’une telle « règle » est inacceptable. Et pour poursuivre sur la question du CA, j’ai vainement réclamé à 2 ou 3 reprises le compte-rendu de ce CA … J’imagine qu’il existe mais qu’ « on » n’a pas voulu me le transmettre, puisque je ne l’ai jamais reçu … Il ne m’a en tous les cas jamais été proposé de faire partie du CA d’ACO, et si cela avait été le cas, suite à cette première expérience malheureuse, j’aurais posé mes conditions … peut-être préconisé la tenue d’un atelier du Nous ! Toute organisation a désespérément besoin d’un contradicteur, de ce 10° homme (ou femme) dont le devoir est de remettre systématiquement en cause un consensus souvent flou, assez rarement soufflé par l’Esprit ou par la Shakti. Les exemples abondent de décisions absurdes et de désastres organisationnels consécutifs à l’inexistence de cet espèce de « fou du roi ».

5 – « … parler à l’AG librement » : le 1° paragraphe de ma lettre explique pourquoi je n’ai pas pu assister au Forum, mais je n’ai pas à te fournir un bulletin de situation de l’hôpital de Chambéry.

Et comment imaginer qu’il soit possible de prendre le temps d’expliquer mes cinq points de désaccord – complexes – en public, de répondre aux questions, de débattre … juste avant le déroulement du Forum. Il me semble que tu fais là preuve d’une certaine mauvaise foi. Je t’invite donc à bien vouloir transmettre cette lettre à tous les adhérents, un plus « vaste public » que mes quelques destinataires, pour leur demander ce qu’ils en pensent. Il se peut que je sois complètement dans l’erreur … ou non. Mais en tout état de cause il y aurait certainement bien des enseignements à tirer d’une telle consultation.

6 – Je trouve ta phrase particulièrement confuse : « soit tu portes les valeurs et tu accepte la stratégie du CA de l’association, et tu en fais partie, soit tu n’est pas en accord avec l’esprit et la stratégie de l’association, et tu n’as aucune raison d’en faire partie ». Cette logique binaire, pour ne pas dire sectaire, du tout ou rien m’inquiète sérieusement. Si « la vérité n’est pas démocratique » – pour reprendre le titre d’un puissant article de Jean Bouchard d’Orval – tout appelle à ce que le fonctionnement des organisations qui prétendent la servir le soit bel et bien. Le respect de chaque adhérent et l’efficacité sont à ce prix.

Je te répète que je ne fais pas partie du CA et que je n’ai jamais été invité à en faire partie … Cf. ci-dessus le point n° 4.

Et je te répète également que je me sens en accord avec l’esprit annoncé lors de l’inauguration de Pierre-Châtel en avril 2015. Je pense que tu devrais inviter les membres du CA à (re)lire ce qui a été prononcé à cette occasion, à (re)visionner le DVD et que tu devrais également leur transmettre cette réponse. Est-ce que ces engagements assez précis quant à un nouvel esprit en synergie étroite avec le lieu, cette magnifique chartreuse & forteresse, n’étaient que des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient, comme en politique … ? Si c’était le cas, j’estimerais pour ma part inacceptable cette … « stratégie ».

7- Ma « propre structure » existe déjà : c’est l’association volte-espace. Mais je rentre là dans ce qui fera l’objet d’une réponse à ton courriel du 2/01/17, dès que possible.

Bien sincèrement

Jean-Marc

&

Le 17/01/2017 à 16:21, Alain CHEVILLAT a écrit :

Bonjour Jean-Marc,

Si Hélène ou Gérard ne veulent pas être président de ACOM, alors je demande que l’appellation « A Ciel Ouvert » disparaisse de ton association.

Cela peut se faire durant l’été, c’est à dire à la fin de l’exercice actuel.

Ceux qui le veulent pourront toujours continuer « leur » association, ou la dissoudre.

Sincèrement

Alain Chevillat

&

Le 17/01/2017 à 17:25, Jean-Marc Thiabaud a écrit :

Bonjour Alain,

Nous ferons comme cela.

Et tes réponses à mes remarques restent … attendues.

Sincèrement

Jean-Marc Thiabaud

&

Le 22/01/2017 à 19:42, Jean-Marc Thiabaud a écrit :

Bonjour Alain,

Voilà, je trouve enfin un peu de temps pour répondre à ton courriel du 2/01/17 ci-dessous.

Désolé pour ce long délai. Et désolé pour ce long courriel : du coup je l’ai aussi transformé en fichier pdf joint.

Comme ton courriel soulève beaucoup de questions, je vais essayer d’aller à l’essentiel.

1 – La Vision du Soi selon Douglas Harding

Ton insistance sur l’image du « coucou » me laisse craindre que tu n’as retenu de tout ce que Douglas a écrit et construit que le plus anecdotique …

Je suis donc venu te voir à Pierre-Châtel en toute honnêteté et en toute confiance pour te proposer d’introduire la Vision du Soi dans tes programmes. Tu as dis « oui, je suis d’accord … ». Tu n’y étais nullement obligé ; j’aurais été capable d’entendre un « non » bien net, même non argumenté. (C’est une vieille histoire : « que ton oui soit oui, que ton non soit non … »)

Et moi en échange de cette ouverture j’ai fait de gros efforts pour mettre en place et animer A Ciel Ouvert Maurienne. Hélène et Gérard m’ont certes bien aidé, mais c’est moi qui était le porteur du projet.

C’était d’après moi un processus gagnant/gagnant : la Voie découverte par Douglas gagnait en notoriété grâce à Sources et aux programmes d’ACO, et le projet d’ACO était porté par un groupe local supplémentaire, même modeste.

Mais en réalité, je suis persuadé que depuis le début tu n’avais aucunement l’intention de faire la moindre place à la Vision du Soi. Ces « coucous » à répétition me le confirment.

Certes tu as fait le minimum du minimum en permettant le déroulement de deux ateliers à Pierre-Châtel, et certes pas dans les meilleures conditions. Tu n’as bien évidemment participé à aucun des deux, ce qui ne t’as pas empêché de me dire que ce que je proposais « n’était pas transcendant ». Ce dernier terme recouvrant de multiples significations, je n’épiloguerai pas. Mais comment est-il possible que quelqu’un qui évolue dans le milieu de la spiritualité depuis si longtemps soit capable d’une telle vilenie : porter un jugement sur quelque chose dont il n’a aucune expérience directe … ? C’est contraire à tout l’enseignement du yoga, me semble-t-il.

Arnaud Desjardins utilisait parfois une formule d’une pertinence rare : « Qui médit se raconte, qui accuse se dénonce, qui juge se condamne. » Est-ce que tes propositions sont ou non « transcendantes » …? Je ne sais pas, pour la bonne raison que je n’ai participé à aucune. Donc je ne me prononce pas.

Mais je me suis aperçu très vite que ça coinçait de tous cotés :

– impossible de trouver le temps de discuter d’autres formes de propositions de transmission de la Vision du Soi (NB : pour mémoire volte-espace en propose sept : pourquoi-appliquer-la-vision-du-soi-aux-six-autres-champs-du-projet-volteespace/),

– impossible de passer un article dans Sources : celui de Dominique Umbert publié dans Terre du Ciel aurait pourtant pu l’être sans changer une virgule (http://volte-espace.fr/entretien-avec-douglas-harding-dominique-umbert/),

– impossible de faire apparaître la Vision Sans Tête/du Soi dans la liste des Centres (cf. pièce jointe)

– impossible de trouver un « strapontin » pour présenter la Vision lors du Forum 2016, sans en être formellement informé dans des délais décents,

– … et au bout du compte disparition pure et simple de la Vision du Soi d’ACO sans même que tu ais eu le courage de m’en parler … !

Je considère donc que tu m’as menti, que tu m’as trompé et manipulé. Ne t’étonne donc pas de recevoir en échange de ta malhonnêteté et de ton impolitesse une réaction quelque peu virulente de ma part.

Pourquoi t’es-tu comporté ainsi … ? Comme tu n’es pas complètement idiot, je pense que tu as bien compris à quel point l’évidence et la pertinence de la Vision menacent des conceptions aussi surannées qu’inefficaces de la vie spirituelle. Réduisent à néant toute prétention à posséder le « nid » de Cela, toutes ces illusions qui espèrent que la Vie va éclore en couvant de manière soit-disant « traditionnelle » des œufs en plâtre. Tu as eu peur du « coucou » qui amenait la Vie …

Je t’avais présenté la Vision avec la métaphore informatique d’un « système d’exploitation » particulièrement performant pour faire tourner tous les « logiciels » imaginables. Tu es sans doute trop bloqué dans le soit-disant « traditionnel », trop « vieux » peut-être, trop accro aux premières places pour en avoir compris le sens et l’intérêt majeurs, pour comprendre le logion 4 de l’évangile de Thomas :

« Le vieillard n’hésitera pas à interroger l’enfant de sept jours à propos du lieu de la Vie et il vivra. Beaucoup de premiers se feront derniers et ils seront Un. »

Ce n’est pas si grave, ni pour la Vision, ni pour moi. Ça me le semble beaucoup plus pour toi et surtout pour tous ceux que tu accompagnes. Je suis un peu triste de vous abandonner à vos œufs en plâtre.

2 – Le « méta-désaccord » concernant la « gouvernance » d’ACO

Je crois que tu confonds, plus exactement que tu entretiens volontairement la confusion, entre deux aspects bien distincts : la « vision » d’Alain et Évelyne d’une part, et la méthode de mise en œuvre de ce projet.

Non seulement rien n’interdirait de mettre en œuvre de manière plus collective votre « vision », d’en rendre compte de manière transparente, … mais tout incite à fonctionner ainsi : depuis l’exigence éthique relative aux « produits » proposés, jusqu’aux impératifs de plus en plus cruciaux de créativité et d’efficacité, en passant par l’avenir et la pérennité d’ACO. Et sans doute par quelques autres aspects que j’oublie ou néglige.

Peut-être que « personne » ne fera changer la ligne … ce qui me semble l’expression d’une démarche plus stalinienne que de sagesse & spiritualité. Mais le dérèglement climatique, la déstabilisation qu’il entraîne dans toute la zone sahélienne, l’aggravation de la crise économique et sociale en France, le besoin crucial de solutions réelles et de participation effective aux processus de décision… oui, tous ces faits amicaux feront leur travail, j’ai une pleine confiance en la sagesse de Carl Rogers (« Facts are friendly »).

Je sais bien que la meilleure défense c’est l’attaque, mais ne m’accuse pas de vouloir « ignorer la vision/mission de départ et … la changer en imposant sa propre vision ». Ma position est on ne peut plus claire : je m’en tiens aux annonces de « verticalisation » et de « recentrage » qui ont été faites à Pierre-Châtel en avril 2015, et à rien d’autre. Ce sont ces annonces qui m’ont amené à rejoindre ACO, en étant intimement persuadé que la Vision du Soi de Douglas pouvait efficacement contribuer à les traduire en actes. C’est aujourd’hui leur oubli, ou en tous les cas leur très forte relativisation, qui me conduit à jouer les lanceurs d’alerte. Et en aucun cas une quelconque velléité de prise de pouvoir à ACO. Prends donc le temps de relire & revisionner ces annonces et d’en discuter en CA.

Alors oui, je comprends que tu « n’apprécie pas du tout mon « méta-désaccord » ». Mais je persiste à dire que seul un fonctionnement beaucoup plus collectif, beaucoup plus ouvert, beaucoup plus critique … permettrait de retrouver l’esprit de Pierre-Châtel. Que sans cet esprit & Esprit, ACO a déjà re-commencé à faire « toujours plus de la même chose » ce qui devrait la conduire à « réussir à échouer ». Que sans cet esprit & Esprit une nouvelle « crise » sera indispensable pour « éviter le pire ». Qu’il est « irresponsable, pour ne pas dire malhonnête » d’avoir fait de telles annonces et de ne quasiment plus en tenir compte à peine deux ans plus tard.

3 – Une vision claire

J’ai effectivement, grâce au yoga, à Arnaud et à Douglas (pour faire court) une vision parfaitement claire non pas « de ce qu’il faut faire », mais de ce que je suis & Je Suis.

Et je dispose également, grâce à Douglas uniquement, des moyens pratiques (upayas) pour transmettre à qui le veut vraiment cette claire Vision de ce que nous sommes tous. Cela me donne une joie sans pareille.

Je suis venu t’offrir l’opportunité de participer à un plus large partage de ce Trésor, de cette Voie en réalité tellement « traditionnelle », et tu n’as même pas daigné ouvrir l’emballage … Quelle tristesse !

Et ce que je sais également, c’est qu’il ne sert à rien de multiplier des « structures » et des « centres ». L’unique « nid » sûr, c’est Cela, l’espace d’accueil illimité et inconditionnel au Centre, que nous portons tous au plus intime de nous-même et qui nous porte tous. Ce « nid » n’est pas à faire, seulement à être. Tout le reste importe peu.

4 – Une double dimension … !

« Ministre de la spiritualité » … sans déconner ! Ce gros lapsus bien révélateur devrait intéresser un psy ! Pour ma part je préférerais finir mes jours dans un pays dépourvu d’un tel ministère, surtout dirigé par toi !

Je n’ai pas lu cet article dans Alliance, seulement celui dans lequel tu endossais le costume de ministre de l’éducation. Tu écris énormément de choses dans ce long article, notamment ceci :
« Les structures éducatives se doivent d’incarner :
– la qualité relationnelle, fondée sur le respect et l’écoute ;
– la pratique de la non-violence dans les désaccords et les conflits ;
– l’éthique du débat. »

Soit ta position a considérablement involué depuis sa rédaction, soit ACO n’est pas une structure éducative, soit je constitue l’exception à ces règles de bon sens … que j’appelle de mes vœux dans la gouvernance d’ACO.
A mon sens la politique a actuellement pour mission exclusive « d’empêcher que le monde ne se défasse » comme écrivait Camus. Ceux qui prétendent en être des acteurs devraient impérativement incarner la congruence totale, chère à Carl Rogers, entre ce qu’ils disent et ce qu’ils sont … Dans l’expérience de notre relation je n’ai pas été en mesure de constater cette congruence, et je le regrette. Apparemment je ne serais pas le premier.

Cet article se termine en insistant sur « les écosites sacrés » : j’insiste pour te redire qu’aucun n’est envisageable dans un climat complètement déstabilisé par les activités humaines et notamment le transport aérien. A ce propos j’ai enfoncé le clou sur volte-espace : http://volte-espace.fr/necessaire-reduction-du-transport-aerien-jean-marc-jancovici/

Voilà. Je t’ai fait cadeau d’une véritable réponse. Je serais heureux de recevoir également quelques réponses concrètes aux désaccords exprimés, pas uniquement des grands principes vagues ou des injonctions à rentrer dans le rang ou partir … C’est un peu court de la part d’un futur ministre.

Sincèrement

Jean-Marc

&

Voilà, cette expérience malheureuse s’est terminée avec le courriel ci-dessus qui n’a jamais reçu le moindre semblant de réponse …

Cordialement

 

0 – Je n’ai eu aucune réponse de la part d’Évelyne … et ça me désole vraiment.

¹ – Deux personnes seulement m’ont répondu. Une seule partiellement sur le fond … Merci Nadine.

² – Cette histoire de « coucou » nécessite quelques explications détaillées. Dans un de ses textes – qu’il me va falloir retrouver -, Douglas compare son action à celle d’un « coucou » qui pond ses œufs dans le nid d’autres oiseaux … L’image a ses limites, elle est peut-être moins totalement négative chez les anglais, passionnés d’observation ornithologique que chez nous … ? Toujours est-il que j’ai suffisamment bien connu Douglas pour être certain qu’il ne faisait aucunement, même par humour, l’apologie du parasitisme de couvée ou d’un quelconque cleptoparasitisme.

Que voulait-il dire par là, très vraisemblablement dans une perspective strictement individuelle et spirituelle, et non pas, comme Alain Chevillat semble tant le redouter, dans une perspective collective et organisationnelle, pour ne pas dire de pouvoir ?

Que « l’œuf » de la Vision n’a quelques chances de développement que dans un « nid », un endroit plein de chaleur et d’attention, où la Vie est déjà présente sous une autre forme, où une personne est déjà en recherche, éventuellement dans une autre tradition parfaitement structurée, et que la Vision va lui permettre d’aller au bout de cette recherche, de transformer la lettre en Esprit …

Que faire du « radeau de la tradition » après être passé sur « l’autre rive » … ? Vous connaissez la réponse, non ?

Et si vous avez quelque intérêt sincère et quelques connaissances fiables concernant la vie spirituelle, vous savez bien que mon, ton, son … « nid » n’a vraiment aucun sens, que « l’Esprit souffle où il veut … »

Ne croyez bien sûr pas un traître mot de tout ce qui précède, essayez la Vision, vérifiez sa pertinence.

³ – Cette démarche n’était aucunement cachée, sournoise, mais clairement indiquée dans le tout premier courriel adressé à Alain et Éveline. S’il m’avait été possible de l’adresser à tout le fichier d’A Ciel Ouvert je l’aurais fait sans hésiter, pour la bonne raison qu’une association n’appartient pas à ses fondateurs mais à tous ses adhérents. Aucune raison « supérieure », et encore moins une raison soit disant « spirituelle » ne peut justifier qu’il en soit autrement.

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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