Conjugaison … – Le Chat

Encore un peu de distraction intelligente grâce à notre ami le Chat de M. Geluck

© Philippe Geluck

Je suppose que dans la plupart des écoles primaires de notre douce France nous n’en sommes pas encore rendu à cette inquiétante conjugaison … En tous cas je l’espère  !

Le temps est peut-être venu de redonner au verbe « être » la première place qu’il n’aurait jamais du perdre. De ne pas l’inclure à égalité, et parfois même en seconde place après « avoir » lorsque l’ordre alphabétique est respecté (0), dans la catégorie des « auxiliaires ».

« Être », être avant d’exister¹, être le sujet de sa propre parole², … est et restera toujours premier.

C’est aussi la seule solution pour ne pas :

  • haïr³
  • suivre (4)
  • accumuler des compensations illusoires (5)
  • rester bloqué à un stade infantile, néoténique (6)
  • avoir le cœur serré, angoisser (7)
  • s’appliquer méthodiquement à oublier (8)

Ce « Je Suis » central qui est une des belles expressions de ce point commun des sagesses & spiritualités de tous les temps et de toutes les latitudes, vous allez peut-être me dire qu’il est bien difficile à réaliser …

Non. Grâce à la Vision du Soi selon Douglas Harding rien n’est plus facile pour celui qui le veut vraiment, pour celui qui a l’audace de faire le premier pas. N’en croyez pas un traître mot, essayez, vérifiez … !

 

Cordialement

 

0 – L’ordre alphabétique a peut-être bon dos … « Avoir » est le premier commandement de notre société marchande, comme Christian Bobin l’a si bien décrit dans « Le très-bas » :

« Au treizième siècle il y avait les marchands, les prêtres et les soldats. Au vingtième siècle il n’y a plus que les marchands. Ils sont dans leurs boutiques comme des prêtres dans leurs églises. Ils sont dans leurs usines comme des soldats dans leurs casernes. Ils se répandent dans le monde par la puissance de leurs images. … Partout est l’argent, partout est le monde ruiné par l’argent. »

Il n’en reste pas moins qu’entre « être » et « avoir », fondamentalement, il faut choisir.

¹ – Le logion 19 de l’évangile de Thomas, dans la traduction de Jean-Yves Leloup, présente cet impératif sous la forme d’une béatitude :

« Heureux celui qui est avant d’exister … »

² – Cf. tout le travail de Marie Balmary notamment, mais de bien d’autres chercheurs en relations humaines vraies.

³ – Quand est intervenue une négation du sujet, à un moment ou à un autre il y aura une réaction de haine et de violence, des autres, de soi, des deux …

4 – Il y aurait beaucoup à dire sur la force du « désir d’aliénation » … Cf. notamment « Un messie à ne pas suivre », chapitre 9 de « La divine origine – Dieu n’a pas créé l’homme » de Marie Balmary. Juste un petit extrait :

« “Accompagner” : le verbe va bien aux sujets. Il évoque l’égalité en dignité, en liberté. Cela dit la place de chacun par rapport à l’autre. […] En ce cheminer-ensemble, il y a, au moins, deux sujets, donc du sujet. »

5 – Notre société de compensation par la consommation n’a donc aucun intérêt à faire état de l’existence du « Je Suis », sans même parler de le soutenir … Elle se couperait l’herbe sous le pied. Son principal moteur est justement la misère ontologique, l’ignorance de Qui je suis vraiment. Il n’est donc pas étonnant que la Vision du Soi rencontre bien des difficultés à s’insérer dans le paysage contemporain …

6 – Dans « Corps & Âme – Esprit », Michel Fromaget fait de très intéressantes remarques sur l’homme « psychique » qui n’est pas encore sorti des « jupes de sa mère », la société.

« Au vrai, la société industrielle incarne pratiquement à la perfection cet être que les psychanalystes appellent la “Mauvaise Mère”, la “Mère dévoratrice”, mère dont le but est, non pas de rendre ses enfants autonomes, libres, mais bien au contraire, de les asservir en les emprisonnant dans son giron. […] la société moderne faisant absolument tout ce qui est possible pour que les individus demeurent à un stade involué, c’est-à-dire demeurent à son service exclusif, cette société au lieu de libérer ses propres enfants, les aliène, les asservit. Au lieu de leur donner la Vie, elle leur donne la Mort, les empêchant justement de boire à la source qui donne la Vie. »

7 – Cf. notamment Vivre Sans Stress et …  « Vivre Sans Stress » … !

8 – Fumer, boire, se « droguer » avec toutes sortes de substances ou de pratiques … parfois très habilement valorisées par la société. C’est un chemin de désespoir …

Mieux vaut, à mon humble avis, s’efforcer de conjuguer le verbe « être » à la Première Personne du singulier au temps présent … La Vision du Soi selon Douglas Harding peut vous y aider. Essayez donc, cela vous procurera la « sobre ivresse qui jaillit du dedans »  …

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils.
La lecture de « La philosophie éternelle » d’Aldous Huxley m’oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d’abord la voie du yoga, puis celle de l’enseignement d’Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d’accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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