Confrontation : le mensonge suicidaire – Douglas Harding

DouglasBarbeNB
Douglas Harding

Confrontation : le mensonge suicidaire¹

 

« Vous êtes ce que vous paraissez être, voilà le mensonge. Autrement dit : votre réalité centrale perçue par vous-même n’est pas différente de l’apparence périphérique que les autres voient de vous.  Ou bien encore : votre essence est une « chose » qui exclut les tiers, ainsi que tout le reste, et pas une « non-chose » qui accueille et inclut tout ce qui se présente.

Mais nous, d’une part, nous pouvons vérifier que vous n’êtes pas une chose en nous rapprochant  progressivement de vous avec un appareil photo muni d’un zoom extrêmement puissant. Nos photos successives montrent que vous finissez par disparaître dans l’espace, par être l’espace.²

Doigt dans les 2 sensJPGEt vous, d’autre part, vous pouvez regarder toute personne présente (ou votre visage dans un  miroir) et vérifier que vous êtes Espace pour elle (ou pour lui). Accueillez l’évidence présente, comme pour la toute première fois. Observez les faits qui s’offrent à vous : visage là-bas et Espace Ici – de votre coté -, deux petits yeux là-bas et un immense « Œil unique » Ici, des formes colorées là-bas et l’absence de formes et de couleurs Ici, l’opacité là-bas et la transparence Ici, des sons là-bas et le silence Ici, des mouvements là-bas et l’immobilité Ici, les tribulations là-bas et la paix Ici, des contenus là-bas et un contenant Ici …

Pour la Première Personne du singulier, au présent, la règle est toujours l’asymétrie, la non-confrontation.

Quelque soit sa combativité naturelle, chaque animal et chaque enfant vit ainsi – inconsciemment – à partir de l’Espace, à partir de cette « absence de chose ».

Seul l’homme s’auto-réduit à n’être qu’une chose, en bloquant l’accès à l’Espace avec un « untel » dressé contre tous les autres. Il perpétue le jeu de la confrontation, cette invention géniale venue du fond des âges à laquelle il doit sa survie, son incroyable succès, tout ce qu’il chérit …

Et maintenant ceci le terrifie. Car, comme tant d’autres illusions, la confrontation finit toujours par nous laisser tomber – dans notre vie individuelle, sociale, et même désormais sur le plan de l’espèce. Elle est devenue contre-productive : l’avantage en matière de survie s’est transformé en handicap mortel. Comme nous ignorons la cause de cette crise, notre erreur fondamentale et son remède radical³, nous sommes en proie au désespoir.

Nous ne retrouverons la véritable voie de l’humanité qu’en revenant à la source de l’erreur, pour redécouvrir comment vivre consciemment à partir de cette « absence de  choses », à partir de l’Espace, qui, comme un miroir, n’est pas affecté par ce qu’il accueille entièrement. C’est ce que en réalité quelques personnes remarquables, les « voyants », reliés ou non à diverses religions, ont vécu depuis 5000 ans. Et aujourd’hui cette vérité salvatrice se dégage enfin de tout mythe, son évidence devient accessible aux gens ordinaires.

Espérons qu’ils soient rapidement assez nombreux pour convaincre leurs dirigeants de renoncer à la fiction de la confrontation, avant qu’elle ne conduise à un « Omnicide » bien réel.

Pour rompre avec cette puissante habitude de négliger l’Espace – notre réalité commune – partageons donc sa vision, et participons activement à ce deuxième coup de génie de l’humanité, plus réaliste encore que le premier ; relevons le défi d’une nouvelle aventure évolutive.

Si un mensonge a pu produire tant de merveilles, qu’est-ce que la vérité serait incapable de faire ? »

 

Cordialement

 

¹ – Il s’agit d’une modeste traduction d’un article de Douglas Harding datant des années soixante-dix, et dont l’original se trouve sur headless.org : Confrontation – The Suicidal Lie.

La traduction déjà proposée sur ce site me semblait améliorable. A vous de juger maintenant.

² – Cette proposition a été transformé en expérience par Douglas. Elle constitue également l’essence du film et du livre « Les puissances de dix ».

³ – Je suis bien sûr convaincu du caractère de panacée de ce « remède radical » – individuel et social – qu’est la Vision du Soi. Mais je ne suis en aucun cas en mesure de convaincre qui que ce soit de le prendre … A vous de voir si vous êtes suffisamment « malade » et si votre « pharmacien » habituel aurait quelque chose d’efficace à vous proposer.

 

by-nc-sa

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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