Boquen, Bernard Besret – ina.fr

Dans différents articles consacrés ici à Bernard Besret, il est question de Boquen (0), l’abbaye des Côtes d’Armor où il est entré dans l’ordre cistercien en 1953 et dont il est devenu Prieur de 1964 à 1974. Il me semble nécessaire d’apporter quelques éléments concernant cette expérience qui commence à dater, qui a été plutôt soigneusement occultée, et qui, pour l’essentiel, reste d’une brûlante actualité.

Les archives de l’Institut National de l’Audiovisuel proposent une vidéo en accès libre sur l’abbaye de Boquen.

L’histoire originale de Boquen au XX° siècle s’articule autour de deux figures majeures :

  • Dom Alexis Presse, abbé de Tamié de 1925 à 1936, démis en 1936, qui s’installe à Boquen avec quelques frères le 16 octobre 1936. Il restaure la vie monastique dans l’abbaye, reconstruisant des bâtiments à l’abandon envahis par la végétation. Il meurt le 1er novembre 1965 et est inhumé dans la première chapelle de l’église. [NB : Je ne suis pas compétent pour estimer la réalité de son soutien à des activistes bretons un peu trop proches du nazisme pendant la seconde guerre mondiale.]
  • Dom Bernard Besret, expert lors du concile Vatican II, fit de l’Abbaye Notre-Dame de Boquen un laboratoire pour la réforme de la vie monastique, prônant la nécessité d’une ouverture sur le monde au détriment des règles traditionnelles de l’Ordre et des dogmes chrétiens¹. L’abbaye a été pendant les décennies 1960-1970 un lieu de rencontres œcuméniques et de rencontres entre chrétiens et laïcs de toutes opinions. Allant à l’encontre² de nombreux dogmes professés par l’Église catholique, la communauté monastique de Boquen fut dissoute canoniquement le 10 avril 1973. Bernard Besret fut démis de ses fonctions en 1974.

 

Cordialement

 

0 – Bernard Besret a écrit sur ou à propos de Boquen :

  • « Libération de l’homme », Desclée de Brouwer, 1969
  • « Clefs pour une nouvelle Église », Seghers, 1971
  • « De commencement en commencement : itinéraires d’une déviance », entretiens, Le Seuil, 1976
  • « Confiteor », Albin Michel, 1991

Également :

Rappel : la Première Personne compte toujours à partir de 0, moyen habile (upaya) de, notamment, transformer les groupes de quatre personnes en groupe de trois … Et également de réduire à néant le concept erroné d’« environnement ». Essayez, vérifiez … n’en croyez pas un traître mot !

Le plus efficace moyen habile d’assumer la vocation de « moine » que tout homme porte en lui reste pour moi la Vision du Soi selon Douglas Harding. Mais essayez, vérifiez … n’en croyez pas un traître mot !

« Est moine celui qui tend à l’unité en lui-même, à l’unité avec les autres, à l’unité avec la planète qui le porte, à l’unité avec le réel qui le soutient dans l’être. »

¹ – Ce « au détriment des règles traditionnelles » est un peu rapide ! Mais wikipedia est un outil qui incite à la prudence et à l’esprit critique. Jésus lui aussi est venu secouer bon nombre de règles surannées, exiger des hommes de son temps qu’ils comprennent profondément le sens de ces règles, pour ne pas les appliquer aux autres aussi brutalement qu’inconsciemment, rappeler que :

« Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l’homme est maître même du sabbat. »

[« Καὶ ἔλεγεν αὐτοῖς, Τὸ σάββατον διὰ τὸν ἄνθρωπον ἐγένετο, οὐχ  ὁ ἄνθρωπος διὰ τὸ σάββατον: ὥστε κύριός ἐστιν ὁ υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου καὶ τοῦ σαββάτου. »]

Marc 2, 27-28

² – Est-ce qu’en « allant à l’encontre de nombreux dogmes de l’Église catholique » Bernard Besret et la communion de Boquen n’allaient pas aussi à la rencontre de l’Évangile dans ce qu’il a de plus exigeant, de plus simple et de plus concret, est-ce qu’ils ne (re)tentaient pas, tout simplement, l’expérience initiale qui, effectivement, relègue les « dogmes » au rang de  dérisoires béquilles … ?

« Rabbi, … où demeures-tu ?

Il leur dit : « Venez et voyez. » [traduction d’André Chouraqui] « Venez et vous verrez. » [TOB] Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait et ils demeurèrent auprès de lui ce jour là. »

Jean 1, 38-39

[Ῥαββί ποῦ μένεις; Λέγει αὐτοῖς, Ἔρχεσθε καὶ ἴδετε. Ἦλθον καὶ εἶδον ποῦ μένει: καὶ παρ’ αὐτῷ ἔμειναν τὴν ἡμέραν ἐκείνην:]

« Philippe lui dit : « Viens et vois » [TOB et Chouraqui …]

Jean 1, 46

[Καὶ εἶπεν αὐτῷ Ναθαναήλ, Ἐκ Ναζαρὲτ δύναταί τι ἀγαθὸν εἶναι; Λέγει αὐτῷ Φίλιππος, Ἔρχου καὶ ἴδε.]

Mais l’Église catholique s’est si longtemps pensée comme dispensatrice de « consolations » qu’elle a un peu de mal à envisager un chemin plus exigeant, une réelle difficulté à parier sur une possible maturité de l’homme. Elle peut toujours se référer au « Printemps de Boquen » … faire appel comme consultant à Bernard Besret … et à la Vision du Soi !

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
Cette entrée a été publiée dans 7 - Actualité des valeurs monastiques, Fondamentaux Actualité des valeurs monastiques and taguée , , , , , , . Placez un signet sur le permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *