Approches de la méditation 1 – Arnaud Desjardins

« Cette voie (0) n’est pas une solution de rechange qui rendrait inutile toute méditation sérieuse. Elle ne nous dispense pas d’un travail convaincu et continuel sur nous-même, mais au contraire elle nous y stimule puissamment¹. »

Douglas Harding

La « méditation » commençant à être à la mode, il convient donc de s’inquiéter sérieusement sur la qualité de la « marchandise » proposée !

approchesmeditationpocketLe recours à quelques références solides s’avère indispensable pour ne pas être submergé par un déluge d’informations approximatives, voire inexactes. Je commencerai ce travail – perdu d’avance² … – en parcourant cet ouvrage d’Arnaud Desjardins :

« Approches de la méditation »

… publié par les éditions de La Table Ronde en 1989, et disponible en poche chez Pocket.

Et je vous en proposerai bien sûr une lecture à la lumière de la Vision du Soi selon Douglas Harding. Mais rappelez-vous la consigne essentielle, de Douglas comme de tous les instructeurs sérieux : ne croyez pas un traître mot de tout ce que vous lisez, sur volte-espace ou de la plume d’Arnaud, doutez de tout et vérifiez tout scrupuleusement.

Et surtout : méditez !

Pourquoi commencer par cet ouvrage ?

Pour sa modestie :

« Ce livre est une simple introduction à un monde qui le dépasse infiniment. »

Pour son approche équilibrée et résolument pratique :

« … il ne s’agit ici que de quelques approches accessibles aux hommes et femmes engagées dans la vie du siècle. »

« J’ai voulu en faire un ouvrage concret, fondé sur
l’expérience et susceptible de rendre service. »

« Ce qui est évoqué ici n’est pas un syncrétisme mais une synthèse.³ »

Pour son exigence sans compromis :

« L’énergie investie dans des attachements présents, dits normaux, ou périmés, dits névrotiques, est libérée peu à peu et se trouve disponible pour un retour au Centre, au Cœur.
Chercher à réaliser le Soi en conservant ses attachements est une vaine entreprise. Trop souvent, concentration (dharana) et méditation (dhyana) consistent à dénier, renier ce qui est en nous. On ne peut avoir ni dharana, ni dhyana, ni samadhi. Ce sont des états (ou une absence d’état) qui se révèlent d’eux-mêmes lorsque les conditions intérieures sont réunies (4).

Dans le tome III des « Chemins de la Sagesse » paru en 1973, j’écrivais déjà, page 175 :

“Qui médite ? Le mental. Sur quoi ? Sur ce qui n’est pas le mental. … N’importe qui peut, immédiatement, s’asseoir jambes plus ou moins bien croisées, dos plus ou moins droit et rester plus ou moins longtemps dans cette position. N’importe qui ne peut pas être un méditateur.
N’est un méditateur que celui qui peut faire silence au point de disparaître, celui qui ne demande rien, ne cherche rien, ne se souvient de rien, ne prévoit rien, ne compare rien, a renoncé à toutes les expériences transcendantes. L’égoïste n’est jamais un méditateur. Celui qui demeure prisonnier d’une méthode, d’une technique non plus. Celui qui se bat avec lui-même pour concentrer son attention encore moins.”

Pour dissiper une confusion sur l’importance de la méditation, qui se retrouve aussi dans le contexte de la Vision du Soi (Cf. citation en exergue) :

« Ces propos sévères [ensemble du paragraphe ci-dessus] mais fidèles à Swâmi Prajnanpad ont amené beaucoup de mes lecteurs ou auditeurs à conclure que je considérais l’assise immobile comme inutile. … Je souhaite que ce livre rende justice à cette « méditation » en témoignant que l’intériorisation silencieuse a sa place dans l’ensemble d’une voie que Swâmi Prajnanpad désignait comme « adhyatma yoga », yoga en direction du Soi. »

Pour sa précision :

« Ces approches sont nombreuses. Même le but vers lequel elles pointent peut être envisagé intellectuellement de diverses manières qui ne se contredisent qu’en apparence. Et, pour commencer, ce but peut être légitimement présenté comme un non-but ou une absence de but.

Il s’agit toujours d’une découverte intérieure, d’une réalisation personnelle mais supra-individuelle, celle de l’essence ultime de notre conscience ou de notre esprit. Pour s’en rapprocher, il nous est proposé de nous centrer dans le « hara » (bas-ventre), dans le cœur ou, au contraire, de surtout ne nous centrer nulle part pour redonner à l’« Esprit vaste » sa dimension infinie. »

ADSourire
Arnaud Desjardins

 

Et bien sûr par gratitude envers celui qui m’a tant apporté.

NB : toutes les citations ci-dessus sont extraites de la préface.

Voici la structure de l’ouvrage :

Première partie – Vue d’ensemble

1 – Concentration et Méditation

2 – L’érosion des obstacles

Deuxième partie – Tête, corps et cœur

3 – La maîtrise des pensées

4 – La conscience du corps

5 – Le hara et le cœur

Troisième partie – La pratique

6 – Litanies pour un retour à soi-même

 

Cordialement

 

0 – Il s’agit vraisemblablement du mot « way » traduit ici par « voie ». Ce mot serait sans doute mieux traduit par « chemin » ou « méthode ». Il y aurait moins de risques de frictions avec ceux – nombreux – qui ne jurent que par les « voies » traditionnelles, avec transmission continue de maître à disciples depuis la nuit des temps … et tout le folklore exotique – et vendeur … – attenant.

Mais la Vision du Soi (Sans Tête) est une méthode proposant des expériences – simples, concrètes, joyeuses, efficaces, … – pour réaliser Ce(la) que proposent la plupart des autres Voies dûment estampillées comme telles. Libre à vous après avoir participé à un atelier – après avoir vu que vous aussi vous êtes Cela – de transformer les expériences en exercices, en ascèse, de faire en sorte que ce plus court chemin – cette « entrée principale » – devienne une voie à part entière. Libre à vous également de revivifier – « booster » aime à dire mon ami Alain Bayod – votre voie d’origine à la lumière de la Vision du Soi.

Et petit rappel, souvent oublié, y compris par moi-même : la Première Personne compte toujours à partir de 0 !

¹ – Pourquoi cet effet de « puissante stimulation » ? Tout simplement parce que la Vision du Soi offre – presque à coup sur – une expérience de première main de l’essence de la méditation. Elle permet de découvrir ce « lieu où l’univers se réjouit d’être l’univers » selon la belle expression d’Yvan Amar. Ensuite … ? Et bien pour y demeurer, il va falloir valoriser cette expérience, la transformer en « exercice bien ordonné sur soi-même » – en ascèse – en un mot il va falloir retrousser les manches afin de s’y détendre activement (Cf. abhyasa & vairagya – Yoga Sutras 1, 12) … Essayez … !

² – Mais … « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » Guillaume Ier d’Orange, dit le Taciturne. Concernant la méditation je vais essayer, avec quelques autres, de m’en tenir à sa devise : « Je maintiendrai »

Ce travail n’est perdu qu’en apparence, en périphérie. Au Centre il est déjà et à jamais gagné.

³ – Ces trois extraits peuvent sembler un tantinet prétentieux à ceux qui ne connaîtraient pas bien Arnaud Desjardins. Son travail est le fruit d’une intense recherche personnelle d’une part, d’une très longue expérience d’écoute, de dialogue et de méditation dirigée, auprès de milliers de personnes, d’autre part. Les deux aspects étant soutenus par une puissance intellectuelle et de travail peu communes.

4 – Que ceux qui pressentent l’importance de ces quelques mots sanskrits, mais qui ne sont pas tout à fait certains de leur sens, interrogent leur professeur de yoga … Et si d’aventure celui-ci ne voit pas clairement de quoi il s’agit, qu’ils changent illico de professeur !

  • dhyana : Yoga Sutras 1, 39 pour la première occurrence ; 2, 11 ; …
  • dharana : YS 2, 29-53 …
  • samadhi : YS 1, 17-18-19-20-46 ; 2, 45, juste avant sthirasukham asana…

Le but du yoga c’est le samadhi via dhyana. Sinon il ne s’agit pas de yoga, même si effectivement ça peut être très intéressant …

by-nc-sa

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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