Angelus Novus

Suite à la disparition de Stéphane Hessel, j’avais écrit sur ce site un petit hommage : In-dignez vous !

Au tout début de l’ouvrage « Indignez-vous ! » paru aux Éditions Indigène figure une aquarelle peinte par Paul Klee en 1920 : Angelus Novus. La voilà ci-dessous, mais en couleurs, ce qui est quand même très appréciable.

Klee,_Angelus_novus
Musée d’Israël, Jérusalem

Stéphane Hessel relate dans son texte que, pour le philosophe Walter Benjamin, premier propriétaire de l’œuvre, « la figure de l’ange ouvre les bras comme pour contenir et repousser une tempête qu’il identifie avec le progrès ».

Voici un court extrait du commentaire de Walter Benjamin dans son ouvrage « Thèses sur la philosophie de l’histoire » :

« Il a le visage tourné vers le passé. Où paraît devant nous une suite d’événements, il ne voit qu’une seule et unique catastrophe, qui ne cesse d’amonceler ruines sur ruines et les jette à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler les vaincus. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si forte que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse incessamment vers l’avenir auquel il tourne le dos, cependant que jusqu’au ciel devant lui s’accumulent les ruines. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès ».

A cette vision pessimiste de l’œuvre, qui s’explique déjà aisément par la période excessivement troublée durant laquelle Walter Benjamin a vécu, je préfère substituer pour ma part une option plus optimiste. Cet Angelus Novus, souriant et serein comme une icône, m’invite, nous invite tous, à opérer un retournement sur moi-même, nous-mêmes, à cesser d’être consumé par et dans  l’extériorité, qu’effectivement un pseudo-progrès promeut de toute la force de son idéologie et de sa technologie. Normal, c’est bon pour le PIB.

Notez bien que je suis très loin d’être un optimiste béat quant à ce pseudo-progrès. Nul ne l’a mieux décrit et dénoncé qu’Emil Cioran : « Le progrès est un élan vers le pire. » Et il me faudra lui consacrer d’autres articles, notamment pour évoquer Jacques Ellul, ainsi que les « Réflexions sur le progrès » d’Aldous Huxley.

Mais il faut bien trouver une issue, à la fois positive et efficace. Celle qui consiste à rééquilibrer l’extériorité exclusive par une claire vision de l’intériorité, que je partage dans des ateliers de Vision du Soi selon Douglas Harding, peut vous aider à retrouver le chemin d’un vrai progrès.

Regardez sérieusement vers l’intérieur, opérer ce retournement, adopter la posture de volte & espace, ne serait-ce pas la seule bonne façon de cesser « d’entrer dans l’avenir à reculons » ?

Cordialement

 

 

 

Réflexions sur le progrès Aldous Huxley

 

3° Millénaire N° 94 Hiver 2009 : Crise et Conscience

Jacques Ellul

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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