Aiguilles d’Arves

Quelques mots pour expliquer le changement de bandeau de volte & espace, qui présente désormais différentes photographies¹ des Aiguilles d’Arves.

Jusqu’à ce jour le bandeau montrait une partie du versant sud de l’Himalaya central, prise depuis l’Inde², choisie pour illustrer le texte fondateur « Vision » qui fait justement référence à ce paysage :

« … et cette vue du haut de la crête où je me trouvais, par-delà les brumes bleues des vallées, vers la plus haute chaîne de montagnes du monde, avec parmi ses cimes enneigées le Kangchenjunga et l’Everest, … »

Mais ce bandeau unique commençait d’une part à engendrer une certaine monotonie. Et, d’autre part, il pouvait laisser penser que la Vision était nécessairement dépendante d’un lieu précis, le plus « saint », « sacré » et exotique possible de préférence. Bien évidemment il n’en est rien. Douglas regrettait beaucoup d’avoir précisé une telle localisation, en ajoutant que « Voir Qui l’on est vraiment est possible même dans la plus sordide des pissotières londoniennes … ! » (Je cite de mémoire.)

Alors pourquoi ce choix des Aiguilles d’Arves, puisque je sais pertinemment que la Vision n’est pas une expérience de sommet (la fameuse « peak experience » d’Abraham Maslow), et que c’est même rigoureusement l’inverse, la descente jusqu’à une fondation incontestable, le « terrain solide du voir » de Svami Prajnanpad, l’expérience de « vallée »³ par excellence ?

  • parce que je les vois quotidiennement depuis chez moi, que je les rencontre  souvent sous différents angles lors de mes randonnées des quatre saisons, et que je les trouve particulièrement harmonieuses. Les Aiguilles sont pour moi une évidente source d’émerveillement et de joie, sans cesse renouvelée ici et maintenant … Comme la Vision.
  • parce que leur altitude (3514 m), leur relatif isolement et la forme si particulière de leur groupement font qu’elles sont reconnaissables de très loin dès que l’on commence à prendre un peu d’altitude. Les Aiguilles sont pour moi un point de repère sûr … Comme la Vision.
  • parce que je trouve ce petit massif montagneux beau, simple et riche d’une infinité de facettes … Comme la Vision.
  • parce que la géologie de cet ensemble est particulièrement variée : aucune pseudo pureté du granit ou du calcaire, mais un jaillissement de conglomérats nummulitiques. Quelque chose d’original et puissant … Comme la Vision.
  • parce que toutes les bonnes choses vont par trois (« Aller guten Dinge sind drei », « Good things always come in threes »). Pour rester dans le champ de volte & espace, citons notamment : Corps Âme Esprit (de Michel Fromaget bien sûr, mais ces trois dimensions anthropologiques sont centrales dans la plupart des traditions spirituelles), le « petit » – le « Grand » – leur interaction mutuelle permanente, le Yin – le Yang – le Tao, le Bouddha – le Dharma – la Sangha, etc … Complétez la liste à votre guise.
  • parce que de bonnes photographies aériennes des pissotières londoniennes sont assez difficiles à trouver … !

 

Cordialement

 

¹ – Je remercie Michel Caplain de m’avoir autorisé à utiliser ses magnifiques photographies aériennes. Cet homme propose également un bulletin météorologique des Alpes du nord presque absolument parfait !

² – L’article « Vision » continuera d’afficher cette photographie redevable à un randonneur breton que je remercie une fois de plus.

³ –

« Le génie de la vallée ne meurt pas. … Là réside la racine du ciel et de la terre. … Sa fonction ne s’épuise jamais. »

Tao-tö king, chapitre 7, Bibliothèque de la Pléiade

« Ce n’est pas une « peak experience ». C’est plutôt une expérience de vallée. … ce n’est pas une affaire d’émotion. C’est une affaire de perception simple, directe, accessible même quand je suis d’une humeur de chien ou que j’ai mal à l’estomac. C’est même encore plus accessible quand j’ai un problème. »

Douglas Harding – « L’immensité intérieure »

 

by-nc-sa

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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