22 novembre 1963, décès … d’Aldous Huxley

Et oui, il y a tout juste cinquante ans disparaissait Aldous Huxley, le jour même de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy à Dallas. Ce qui lui permit de quitter la scène publique dans le silence étourdissant des médias¹, toujours très attentifs à « l’écume des choses »².

Aldous Huxley acheva plus sereinement son parcours que JFK, puisque sur son lit de mort, incapable de parler, il demanda par écrit à son épouse Laura Archera : « LSD, 100 µg, en intramusculaire». Elle accéda à sa demande et il mourut paisiblement.

Ne vous laissez pas choquer trop rapidement par cette information : Huxley savait très bien ce qu’il faisait après avoir étudié soigneusement l’intérêt et les limites de ces « substituts à la libération … ces succédanés de transcendance … au mieux insatisfaisants, au pire désastreux. » Dans ce domaine comme dans bien d’autres, il faisait partie des rares personnes qui avaient atteint, au-delà de la connaissance, la compréhension.

 

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Aldous & Laura Archera-Huxley

 

A la seule lecture de son livre le plus connu, « Le meilleur des mondes », vous serez subjugués par son intelligence visionnaire. Paru en 1932, « Brave new world » permet pourtant de mieux comprendre bien des lignes de force du monde contemporain … Rajoutez quelques romans, notamment « Ile », et complétez par quelques essais, …

et vous comprendrez à quel point Huxley a été un phare de la pensée humaine. Et même beaucoup plus, puisqu’il avait également très bien compris à quel point la pensée, les mots, les concepts n’avaient qu’une utilité très relative, et pouvaient parfois constituer un piège fatal.

Son essai « Dieu et moi. Essais sur la mystique, la religion et la spiritualité »
est un petit bijou d’intelligence. Quelques extraits, mais tout est à lire, à relire … :

« L’histoire humaine se résume en un conflit entre deux forces : d’une part, la présomption imbécile et criminelle qui rend l’homme ignorant de son essence transparente, d’autre part, l’aveu qu’à moins de vivre en accord avec le cosmos immense, l’homme est le mal absolu et son monde un cauchemar. … Aujourd’hui, nous pouvons témoigner du triomphe temporaire de ce qui est spécifiquement humain dans la nature humaine. Nous avons choisi pour quelque temps de croire que notre petit monde de néons et de pyromanes est le seul monde réel, et qu’il n’y a en nous aucune transparence essentielle. Et d’agir en conséquence. »

Chapitre 9 – L’homme et la réalité

« On accède à la compréhension quand on se libère de ce qui est ancien et qu’on rend possible un contact direct et immédiat, moment après moment, avec la nouveauté et le mystère de notre existence. … il faut toujours nous souvenir qu’avoir connaissance de la compréhension n’est pas comprendre et que la compréhension est le matériau brut de la connaissance. … L’expérience immédiate de la réalité unit les hommes. Les croyances conceptualisées … les divisent. »

Chapitre 20 – Connaissance et compréhension

« … il existe essentiellement deux formes de religion. Une religion de l’expérience immédiate … et une religion des symboles. … On s’accorde à regarder la religion de l’expérience directe avec le divin comme un privilège réservé à quelques-uns. Ce n’est pas nécessairement vrai. Je pense que pratiquement tout le monde est capable de faire cette expérience immédiate, pourvu qu’il choisisse la bonne voie et qu’il se prépare comme il faut. … Vous devez vous défaire du petit moi coincé qui vous entrave et laisser le moi profond qui est en vous faire, pour ainsi dire, des miracles. On peut dire qu’en un certain sens nous ne cessons d’occulter notre propre lumière. »

Chapitre 24- Symbole et expérience immédiate

Oui, tout bien réfléchi je pencherais plutôt pour la thèse du complot en ce qui concerne l’assassinat de JFK. Quel meilleur moyen en effet de dissimuler soigneusement la disparition de cet homme de lumière qu’était Aldous Huxley, dont les réflexions étaient susceptibles de redresser la barre d’un monde déboussolé et bien parti pour un effondrement catastrophique ?

Les options d’Huxley, résumées notamment dans son « hypothèse de travail minimale » (Chapitre 1) :

« Il existe une divinité, un fondement, un Brahman, une claire lumière du vide qui est le principe non manifesté de toute manifestation.

Ce fondement est à la fois transcendant et immanent.

Il est possible à l’être humain de l’aimer, de le connaître et, potentiellement, de s’identifier à lui.

Accomplir cet acte de connaissance unitive de la divinité est l’objet ultime de l’existence humaine. »

 … ont toujours ce pouvoir, et la Vision du Soi selon Douglas Harding constitue une excellente façon de les comprendre, de les réaliser, de les vivre … Mais, comme d’habitude, n’en croyez surtout pas un mot, essayez !

 

Cordialement

 

¹ : Le même jour disparaissait également l’écrivain irlandais C. S. Lewis, l’homme qui fut le premier à reconnaître le génie de Douglas Harding et à lui apporter un peu de soutien. La thèse du complot commence à se confirmer … !

² – Paul Valéry : « Les événements sont l’écume des choses. »

 

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils.
La lecture de « La philosophie éternelle » d’Aldous Huxley m’oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d’abord la voie du yoga, puis celle de l’enseignement d’Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d’accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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