10 décembre : journée des droits de l’homme

Oser écrire fin 2012 un article à propos de la Déclaration universelle des droits de l’homme, avec ce qui se passe notamment en Syrie, mais aussi dans de trop nombreux pays, sous des formes à peine moins violentes que la guerre civile, est une véritable gageure.

Mais c’est, une fois de plus et certes pas la dernière, l’occasion d’établir un lien entre la Vision du Soi et l’œuvre, essentielle, de Marie Balmary.

Cette déclaration, adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies, constitue un des points de départ de son ouvrage : « Abel ou la traversée de l’Éden ».

Dans l’avant propos à l’édition 1988 d’Amnesty International Belgique, son illustrateur, Jean-Michel Folon, indiquait : « Tout le monde en parle. Personne ne la lit. »

Mais vous pouvez compter sur la lectrice « majeure » qu’est Marie Balmary pour lire aussi finement que possible ce texte fondateur de notre modernité et lui faire rendre sens jusqu’au dernier mot.

Il n’est pas possible de partager ici toute la richesse du 1° chapitre de ce livre « Du droit des peuples à désirer davantage ». Vous devrez aller lire par vous-même, au moins cette petite vingtaine de pages. Juste quelques extraits pour susciter votre envie …

« Voilà qu’il est question ici du sommet du désir humain. … quelle est cette aspiration ? C’est « l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère ».

[…]

N’y a-t-il rien d’aspirable, d’espérable au-delà, au-dessus du monde ? Rien de plus haut à espérer qu’un monde, meilleur certes, mais qui serait encore ce monde ?  … Ou bien, cette aspiration à parvenir à un autre séjour, non de mortalité mais de gloire, cette aspiration là ne serait-elle pas, elle, « l’aspiration la plus haute ».

[…]

Cette culture est-elle la première qui proclame que son but ultime, c’est l’humain et non plus de conduire l’humain jusqu’au divin ?

[…]

La présente recherche se développe … comme un combat contre tout ce qui ferme le ciel, symbole de l’infini du désir humain auquel ce monde fini, cette vie mortelle, peuvent ne pas suffire. Ce n’est pas la croyance ou l’incroyance au ciel que je cherche là, c’est seulement sa possibilité. De cet espace ouvert ou fermé au-dessus de nous dépend, je crois, l’intensité et la liberté de notre vie psychique – ou spirituelle – comme le feu allumé dans une maison dépend du bon tirage d’une cheminée ouverte au-dessus de lui.

[…]

Parmi tous ces droits, un seul devoir de l’homme est énoncé : les hommes « doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité« .

[…]

La fraternité, seul devoir parmi nos droits, cette fraternité, dernier vœu de la devise française, en avons-nous les moyens ? Connaissons-nous les voies pour atteindre ce bonheur ? Et même, plus radicalement, notre culture n’a-t-elle pas construit une autre image de l’homme, image dans laquelle la fraternité n’a, en fait, plus sa place ?

[…]

Alexis de Tocqueville

Alexis de Tocqueville s’interroge sur les dangers qui pourraient menacer un jour la démocratie naissante.  … « je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres … il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul … Au-dessus de ceux là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. … il ne cherche qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance … il ne détruit point, il empêche de naître. »

[…]

C’est dans cette voie que se situe la présente recherche : par quelle autre naissance deviendrons-nous frères ? Fils de qui ? »

C’est aussi le projet des ateliers de pratique de la vision du Soi. Mais en commençant en quelque sorte par la fin : en trouvant d’abord, lors des expériences, et en cherchant ensuite, de toutes sortes de façons, à transformer l’expérience en exercice, en état d’être naturel, en silencieuse coïncidence avec notre vraie nature.

  « Fraternels, nés d’esprit. »

 

L’accès au texte de la Déclaration.

Et tout sur la Journée des droits de l’homme.

 

Cordialement

 

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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